Le Salafisme

1-Manhaj As’Salaf, un courant de pensée :

Voici un mot qui fait peur aujourd’hui, mais il faut avouer qu’avant d’être un énième épouvantail pour refouler les gens du chemin de l’islam, il s’agit d’un concept incompris. Manhaj As’salaf n’est ni un parti politique, ni un groupe jihadiste, il s’agit plutôt d’un courant de pensée qui, comme son nom l’indique, provient du mot salaf ; les prédécesseurs ou les aïeux et plus précisément du salaf as’salah, qui sont les compagnons du prophète et leurs descendants ainsi que les descendants de ces derniers. En effet, le prophète (SAAS) a dit : «  la meilleure génération est la mienne puis celle qui lui succède puis la suivante » mais aussi « Suivez ma Sunna et celle des guides qui me succéderont ; accrochez-vous-y avec les incisives ».

Il s’agit aussi des personnes à propos desquelles Allah a dit dans le Coran « Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t’ont prêté serment sous l’arbre. Il a su ce qu’il y avait dans leurs cœurs, et a fait descendre sur eux la quiétude, et les a récompensés par une victoire proche » (Sourate Al Fath : 18). Ce sont les 1400 compagnons qui ont prêté serment d’allégeance au prophète sous l’arbre.

D’après les Salafis ; qui de mieux que ces personnes qu’Allah a agréé et que le prophète a loué pour transmettre et interpréter la parole de dieu et celle de son prophète. Ces personnes ont été les témoins privilégiés de la révélation divine et les compagnons les plus proches du prophète. Ils ont été ceux a qui il a enseigné et qu’il a corrigé, éduqué et élevé selon les préceptes de l’islam appliqués par la personne la plus apte à en comprendre le sens et les secrets ; le prophète lui même. Les Salafis se réfèrent aux enseignements de ces personnes pour interpréter le Coran.

A une période où les sectes se sont multipliées et les interprétations se sont variées et où chacun prétend posséder la vérité et pour couper court à toute division, les Salafis ont choisi de ne se fier qu’aux personnes les plus aptes à comprendre le vrai message de dieu selon les interprétations de son prophète. D’ailleurs, ce dernier n’a-t-il pas dit : « Ma Oummah se divisera en 73 groupes : l’un sera au Paradis et les 72 autres seront en Enfer. “Quelqu’un a demandé : ” Ô Messager d’Allah, qui seront-ils? ” Il a répondu : Ce sont ceux qui suivent ma voie et celle de mes compagnons. ».

2-Les valeurs du Salaf :

Tous ces groupes qui prétendent être des salafistes et qui prônent exclusivement la violence et le jihad n’ont rien compris au message originel de l’islam ; un message de paix et de tolérance. De plus, il ne suffit pas de porter un kamiss et de se laisser pousser une barbe pour devenir salafi. Il faut d’abord aimer le prophète plus que soi même et suivre ses pas dans tout ce qu’il a fait car aimer quelqu’un est en partie vouloir lui ressembler et ce à l’image de ses compagnons. Le salafi doit être aussi miséricordieux que le prophète (SAAS), aussi fidèle qu’Abou Bakr As’Siddiq, aussi généreux qu’Othman Ibn Affen, aussi juste qu’Omar Ibn Al Khattab, aussi courageux qu’Ali Ibn Abi Taleb, aussi sage qu’Abderrahmane Ibn Aouf, aussi pieux que Saad Ibn Abi Waqqas, aussi digne de confiance qu’Abu Oubayda Ibn Al Jarrah, aussi vertueux que Said Ibn Zaid etc….

Ces personnes sont les garants de la bonne application de la Sunna du prophète. Pour donner un exemple du zèle et de la fidélité de ces personnes il faut revenir à des épisodes de leur vie, en voici quelques exemples :

Omar a tellement peur d’être injuste qu’il a dit « je crains que si une mule trébuche en Irak, Allah me demandera pourquoi n’avais-je pas pavé la route pour elle ». D’ailleurs lorsqu’un copte d’Egypte est venu se plaindre pour avoir été fouetté par le fils de l’Emir, Omar a invité les deux derniers (l’émir et son fils) et a donné un fouet à la victime pour qu’il se fasse justice auprès des deux coupables malgré leur statut.

Lorsqu’un jour le calife Omar Ibn El Khattab trouva un vieillard juif qui mendiait, Omar se renseignait de son cas et il a apprit qu’il était une personne soumise à la djizya (l’impôt). Omar dit alors ” Nous ne serions pas justes à ton égard, si après avoir perçu de toi la djizya durant ta jeunesse, nous t’abandonnions dans ta vieillesse “. Après avoir tenu cette parole, le calife Omar prit la main de ce juif et l’emmena chez lui en lui donnant de la nourriture et des vêtements.
Après cela, le calife Omar communiqua au directeur du Trésor publique islamique ce message : “occupe-toi de ces hommes et de ces gens qui sont dans une situation semblable et donne-lui ainsi qu’à sa famille une pension suffisante au nom du Trésor publique islamique car Allah dit ( dans le verset 60 de la sourate 9 ) : “les aumônes ne sont destinées que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner à l’Islam, l’affranchissement des esclaves, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur en détresse“.

Ali Ibn Abi Taleb lors de son khalifat a perdu un bouclier qu’il a retrouvé chez un chrétien, il a porté l’affaire devant le juge mais a perdu car il n’avait aucune preuve et pourtant il était le khalife. D’ailleurs l’homme a ensuite regretté son mensonge et a déclaré “j’atteste qu’il s’agisse là de la loi des prophètes ! Le commandant des croyants me fait comparaitre contre lui devant son juge et celui-ci se prononce en ma faveur ? ! J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Son Messager est Mohamed ! Le bouclier est à toi ô commandant des croyants ! J’ai suivi l’armée alors que tu suivais Siffin et le bouclier est tombé de ton chameau blanc”.

Anecdote : Certains d’entre eux poussent la chose au point d’imiter le prophète dans les plus petits détails, par exemple lors d’un voyage à dos de bête Abdellah Ibn Massoud qui était beaucoup plus petit en taille que le prophète a baissé la tête devant une branche d’arbre car le prophète en a fait de même quelques secondes auparavant en passant en dessous, évidemment à cause de sa petite taille le compagnon n’avait aucune chance d’être heurté mais son prophète l’avait fait, il se devait de le faire aussi, par amour.

Telles sont les valeurs des salaf, des hommes imprégnés de la morale de l’islam en côtoyant le prophète de l’islam.

One comment on “Le Salafisme

  1. […] de temps, il dédia tout son temps à ses travaux et il fut l’un des théoriciens de la Salafiya ou Manfaj as-Salaf qu’il défendit contre ses ennemis extérieurs (ses détracteurs) et […]

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s