Lettre de Omar Ibn Al Khattab : la gouvernance en islam

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Muhammad Ibn Abdelwahab, le wahabisme et les Al-Saoud

Muhammad Ibn Abdelwahab :

Né en 1703 à Aynia à Najd (une partie de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui), il a commencé à étudier le Coran à l’âge de 10 ans puis le Fiqh sous la tutelle de son père, un savant hanbalite renommé. Il voyagea ensuite pour continuer son enseignement entre la Mecque, Médine et la Bassora (Irak). Il retourna ensuite à son village pour prêcher l’unicité absolue et l’adoration de Dieu uniquement.

Il fut épaulé dans sa quête par le prince Muhammad Ibn Saud et ont réussi à unifier la péninsule arabique qui était alors divisée en plusieurs tribus. Il est mort en 1772 et ses disciples ont continué à propager le message du Tawhid.

Sa doctrine, Attawhid (l’unicité) :

Durant la période où a vécu Muhammad Ibn Abdelwahab, la oumma musulmane vivait une dégradation de ses croyances à cause de la propagation des innovations qui n’ont aucun rapport avec les préceptes de l’islam. L’adoration des tombeaux avait aussi atteint son paroxysme et de nombreuses sectes égarées se prétendaient de l’islam. De nombreuses pratiques comme le port des gris-gris, la visite des diseurs de bon-aventure, les sorciers, la construction des mausolées sur les tombes des pieux, l’imploration des morts et des vivants, l’intercession, les sacrifices pour les pieux, les serments par d’autres que Dieu, etc… sont apparues parmi les musulmans et se sont propagées donnant naissance à un islam vidé de tous ses principes et surtout de sa principale prescription : l’adoration de Dieu seulement.

وَأَنَّ الْمَسَاجِدَ لِلَّهِ فَلَا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَدًاالجن 17

Les mosquées sont consacrées à Allah: n’invoquez donc personne avec Allah.

Ibn Abdelwahab, passa sa vie à combattre cette forme égarée d’idolâtrie. Il commença par détruire les mausolées de la même façon que le prophète Abraham détruisit les idoles vénérées par son peuple et que le prophète Muhammad celles qu’abritaient la Kaaba. Évidemment, ceci ne pouvait pas passer inaperçu et il se fit rapidement de nombreux ennemis parmi les communautés qui profitaient de ce marché juteux qu’est la visite des tombeaux et les dons d’argent et de sacrifices qui en découlaient.Ces pratiques sont devenues tellement ancrées qu’il a connu une résistance farouche de la part de certains leaders religieux de son époque. De nombreuses voix se sont levées pour discréditer cette “nouvelle religion”.

Les pratiquants de ces superstitions aussi -convaincus qu’il s’agit d’actes les rapprochant de Dieu- n’ont pas apprécié la campagne d’Ibn Abdelwahab et tout ce beau monde appuyé par les communautés soufie et chiite, les astrologue, les pseudo-guérisseurs et autres charlatans ont tout fait pour se mettre sur la voie de la cause l’homme à la tête de ce retour à l’origine et de cette purification de la religion. On le traita d’hérétique, de collabo, de Takfiri et ses disciples aujourd’hui sont traités d’extrémistes, de terroristes, d’intolérants… De la même façon, le prophète fut traité de menteur, de magicien, de poète par les mécréants.

وَعَجِبُوا أَن جَاءَهُم مُّنذِرٌ مِّنْهُمْ وَقَالَ الْكَافِرُونَ هَذَا سَاحِرٌ كَذَّابٌق 3

Et ils (les Mecquois) s’étonnèrent qu’un avertisseur parmi eux leur soit venu, et les infidèles disent: ‹C’est un magicien et un grand menteur,

Attawhid (l’unicité de Dieu) est la raison pour laquelle Dieu a envoyé les prophètes et révélé les livres sacrés. Toutes les religions ont pour premier et principal but de combattre le Shirk (polythéisme).

إِنَّ اللّهَ لاَ يَغْفِرُ أَن يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَن يَشَاء وَمَن يُشْرِكْ بِاللّهِ فَقَدِ افْتَرَى إِثْمًا عَظِيمًاالنساء 47

Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelqu’associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu’associé commet un énorme péché.

Nouh (Noé) a été envoyé à son peuple lorsque ceux-ci ont commencé à vénérer les cinq personnages les plus pieux de leur génération que sont  ” Wadd, Suwaa, Yaghouth, Yaouq et Nasr ” (Sourate Nouh 24). Ces hommes étaient de leur vivant un exemple à suivre en termes de bonté et de dévotion, à leur mort des statues les représentant ont été érigées en souvenir de leur piété. Après quelques génération, le peuple de Nouh a commencé à les vénérer.

Le wahhabisme n’est ni une voie ni un groupe. C’est un simple appel au Tawhid, à la revivification des pratiques religieuses originales étouffées sous la multitudes, de sectes, des groupes, d’interprétations. C’est un retour à la aquida authentique du prophète et de ses compagnons. Et de la même façon que le prophète et ses compagnons ont connu une résistance de la part des adorateurs d’idoles, les nouveaux polythéistes ont essayé de freiner l’avancée de ce mouvement. Même s’il s’agit de l’essence même de l’islam, certains ont du mal à l’accepter et le combattent de toutes leurs forces comme s’il s’agissait d’un dogme totalement étranger à cette religion.

أَجَعَلَ الْآلِهَةَ إِلَهًا وَاحِدًا إِنَّ هَذَا لَشَيْءٌ عُجَابٌص 5

Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu? Voilà une chose vraiment étonnante

Les ennemis de l’islam se sont aussi alliés à cette propagande pour altérer l’image de cet appel au Tawhid, il leur est plus favorable que les musulmans se noient dans les abimes des innovations, de l’ignorance, des pratiques païennes, de l’adoration des Awliya et des “pieux” que de revenir à un islam authentique, nettoyé de ces rituels fétichistes. Car c’est cette croyance en l’unicité et la foi pure, associés à une confiance absolue placée en Dieu qui a permis aux musulmans de braver tous les obstacles depuis la révélation du message.

Al Saoud et les américains :

Les Al-Saoud ont exploité la voie de Muhammad Ibn Abdelwahab pour assoir leur domination sur le monde islamique. Il ont profité de la pureté de cet appel au Tawhid pour s’ériger en représentants de l’islam d’autant plus qu’ils ont réussi grâce à l’appui britannique à s’emparer de la mecque et justifier leur régime aux yeux des musulmans.

Ce n’est qu’avec la prise du pouvoir de Faisal de la dynastie des Saoud et son alliance avec les occidentaux (voir photo : 1918- prince Feisal et Haim weizman, un juif envoyé pour contacter les saoudiens) que la Wahabisme est devenu un outil politique. Ce prince et ses héritiers ont prêté allégeance aux américains en effectuant un pacte ; pétrole contre protection.

Ils ont offert aux ennemis de la voie du Tawhid le bâton pour faire battre l’islam, sali la mémoire de Mohammed Ibn Abdelwahab et fait entrer les mécréants sur les terres sacrées qui abritent la Mecque. Les générations qui suivirent n’ont fait qu’empirer les choses, justifiant leur égarement à l’aide de savants et d’imams complètement acquis à leur traitrise ou ne possédant pas assez de courage pour s’opposer à leurs régents.

Ils ont, entre autre, réduit les libertés, combattu le jihad et les savants religieux intègres (plus de 3000 savants sont en prison aujourd’hui), empêché leur peuple de participer à la vie politique, favorisé les non-musulmans au détriment des musulmans, se sont tus face à l’occupation de la Palestine, rendus le hajj difficile en établissant de nombreuses conditions, se sont accaparés les richesses du pays et placé leurs hommes à tous les postes de responsabilité, etc…

Le Salafisme

1-Manhaj As’Salaf, un courant de pensée :

Voici un mot qui fait peur aujourd’hui, mais il faut avouer qu’avant d’être un énième épouvantail pour refouler les gens du chemin de l’islam, il s’agit d’un concept incompris. Manhaj As’salaf n’est ni un parti politique, ni un groupe jihadiste, il s’agit plutôt d’un courant de pensée qui, comme son nom l’indique, provient du mot salaf ; les prédécesseurs ou les aïeux et plus précisément du salaf as’salah, qui sont les compagnons du prophète et leurs descendants ainsi que les descendants de ces derniers. En effet, le prophète (SAAS) a dit : «  la meilleure génération est la mienne puis celle qui lui succède puis la suivante » mais aussi « Suivez ma Sunna et celle des guides qui me succéderont ; accrochez-vous-y avec les incisives ».

Il s’agit aussi des personnes à propos desquelles Allah a dit dans le Coran « Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t’ont prêté serment sous l’arbre. Il a su ce qu’il y avait dans leurs cœurs, et a fait descendre sur eux la quiétude, et les a récompensés par une victoire proche » (Sourate Al Fath : 18). Ce sont les 1400 compagnons qui ont prêté serment d’allégeance au prophète sous l’arbre.

D’après les Salafis ; qui de mieux que ces personnes qu’Allah a agréé et que le prophète a loué pour transmettre et interpréter la parole de dieu et celle de son prophète. Ces personnes ont été les témoins privilégiés de la révélation divine et les compagnons les plus proches du prophète. Ils ont été ceux a qui il a enseigné et qu’il a corrigé, éduqué et élevé selon les préceptes de l’islam appliqués par la personne la plus apte à en comprendre le sens et les secrets ; le prophète lui même. Les Salafis se réfèrent aux enseignements de ces personnes pour interpréter le Coran.

A une période où les sectes se sont multipliées et les interprétations se sont variées et où chacun prétend posséder la vérité et pour couper court à toute division, les Salafis ont choisi de ne se fier qu’aux personnes les plus aptes à comprendre le vrai message de dieu selon les interprétations de son prophète. D’ailleurs, ce dernier n’a-t-il pas dit : « Ma Oummah se divisera en 73 groupes : l’un sera au Paradis et les 72 autres seront en Enfer. “Quelqu’un a demandé : ” Ô Messager d’Allah, qui seront-ils? ” Il a répondu : Ce sont ceux qui suivent ma voie et celle de mes compagnons. ».

2-Les valeurs du Salaf :

Tous ces groupes qui prétendent être des salafistes et qui prônent exclusivement la violence et le jihad n’ont rien compris au message originel de l’islam ; un message de paix et de tolérance. De plus, il ne suffit pas de porter un kamiss et de se laisser pousser une barbe pour devenir salafi. Il faut d’abord aimer le prophète plus que soi même et suivre ses pas dans tout ce qu’il a fait car aimer quelqu’un est en partie vouloir lui ressembler et ce à l’image de ses compagnons. Le salafi doit être aussi miséricordieux que le prophète (SAAS), aussi fidèle qu’Abou Bakr As’Siddiq, aussi généreux qu’Othman Ibn Affen, aussi juste qu’Omar Ibn Al Khattab, aussi courageux qu’Ali Ibn Abi Taleb, aussi sage qu’Abderrahmane Ibn Aouf, aussi pieux que Saad Ibn Abi Waqqas, aussi digne de confiance qu’Abu Oubayda Ibn Al Jarrah, aussi vertueux que Said Ibn Zaid etc….

Ces personnes sont les garants de la bonne application de la Sunna du prophète. Pour donner un exemple du zèle et de la fidélité de ces personnes il faut revenir à des épisodes de leur vie, en voici quelques exemples :

Omar a tellement peur d’être injuste qu’il a dit « je crains que si une mule trébuche en Irak, Allah me demandera pourquoi n’avais-je pas pavé la route pour elle ». D’ailleurs lorsqu’un copte d’Egypte est venu se plaindre pour avoir été fouetté par le fils de l’Emir, Omar a invité les deux derniers (l’émir et son fils) et a donné un fouet à la victime pour qu’il se fasse justice auprès des deux coupables malgré leur statut.

Lorsqu’un jour le calife Omar Ibn El Khattab trouva un vieillard juif qui mendiait, Omar se renseignait de son cas et il a apprit qu’il était une personne soumise à la djizya (l’impôt). Omar dit alors ” Nous ne serions pas justes à ton égard, si après avoir perçu de toi la djizya durant ta jeunesse, nous t’abandonnions dans ta vieillesse “. Après avoir tenu cette parole, le calife Omar prit la main de ce juif et l’emmena chez lui en lui donnant de la nourriture et des vêtements.
Après cela, le calife Omar communiqua au directeur du Trésor publique islamique ce message : “occupe-toi de ces hommes et de ces gens qui sont dans une situation semblable et donne-lui ainsi qu’à sa famille une pension suffisante au nom du Trésor publique islamique car Allah dit ( dans le verset 60 de la sourate 9 ) : “les aumônes ne sont destinées que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner à l’Islam, l’affranchissement des esclaves, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur en détresse“.

Ali Ibn Abi Taleb lors de son khalifat a perdu un bouclier qu’il a retrouvé chez un chrétien, il a porté l’affaire devant le juge mais a perdu car il n’avait aucune preuve et pourtant il était le khalife. D’ailleurs l’homme a ensuite regretté son mensonge et a déclaré “j’atteste qu’il s’agisse là de la loi des prophètes ! Le commandant des croyants me fait comparaitre contre lui devant son juge et celui-ci se prononce en ma faveur ? ! J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Son Messager est Mohamed ! Le bouclier est à toi ô commandant des croyants ! J’ai suivi l’armée alors que tu suivais Siffin et le bouclier est tombé de ton chameau blanc”.

Anecdote : Certains d’entre eux poussent la chose au point d’imiter le prophète dans les plus petits détails, par exemple lors d’un voyage à dos de bête Abdellah Ibn Massoud qui était beaucoup plus petit en taille que le prophète a baissé la tête devant une branche d’arbre car le prophète en a fait de même quelques secondes auparavant en passant en dessous, évidemment à cause de sa petite taille le compagnon n’avait aucune chance d’être heurté mais son prophète l’avait fait, il se devait de le faire aussi, par amour.

Telles sont les valeurs des salaf, des hommes imprégnés de la morale de l’islam en côtoyant le prophète de l’islam.