Origines du Chiisme et la Grande Fitna

Le Chiisme à été créé par Abdullah Ibn Sabaa, un homme aux origines juives, qui a rassemblé autour de lui près de 2500 hommes pour réclamer que le Califat revenait de droit à Ali Ibn Abi Talib (le cousin du prophète) au lieu de Othmane Ibn Affan. Il a réussi à faire tuer ce dernier et à semer la discorde entre les musulmans. Il a d’ailleurs été à l’origine de la Grande Fitna qui a vu les compagnons du prophète se battre entre eux.

Le point de discorde a été la punition des assassins de Othmane ; Ali voulait calmer les choses d’autant plus que Abdullah Ibn Sabaa et ses hommes ont rejoint son armée de Ali pour se mêler au reste des musulmans qui supportaient le Calife fraichement élu. Ils ont semé la discorde dans ce groupe qui s’est divisé entre supporters et adversaires.

Ali n’avait donc pas les moyens nécessaires ni la force d’attraper ces personnes pour les punir. Tandis que Muawiya Ibn Abi Soufiane, l’émir de la région du Cham, de son coté réclamait la tête de ceux qui ont tué Othmane, son proche parent. Le premier voulait laisser le calme revenir alors que le second insistait pour que cela se passe immédiatement. Deux des compagnons sont allés de la Médine à la Mecque pour chercher des renforts et cerner ce groupe de rebelles infiltré puisque Ali ne le pouvait pas avec ses moyens actuels. Aicha, la femme du prophète s’est même jointe à eux et a exhorté les musulmans à la rejoindre.

Entre temps le, vicieux Abdullah Ibn Sabaa et ses compagnons ont fait croire à l’armée d’Ali que les Mécquois venaient les attaquer pour tuer Ali. Les deux armées se sont fait face mais les leaders se sont quand même rencontrés (Ali, Talha, Zoubeir, Aicha, et d’autres compagnons) avant que les choses ne dégénèrent et il n’y eut pas d’affrontements ce jour là.

Le soir même, Abdullah Ibn Sabaa et ses hommes se sont divisés en deux groupes et ont attaqué les deux camps pour qu’une bataille se déclenche. Ils redoutaient de se faire attraper si les deux groupes s’entendaient et que revienne la paix. Le calme n’est revenu qu’après la mort de plusieurs centaines de personnes dont plusieurs illustres compagnons du prophète. Ils ont réussi ensuite à faire tuer Ali Ibn Abi Talib et à poser un guet-apens à son fils Hussein pour l’assassiner. Hassan, le deuxième fils d’Ali abandonna le Califat et scella un pacte avec Muawiya.

Depuis, ce groupe de rebelles s’est installé en Perse et se proclame des descendants d’Ali et de sa famille (Ahl ul Bait). C’est ainsi que le Chiisme est apparu.

L’imam Mâlik Ibn Anas

Introduction

L’école malékite est l’une des quatre écoles juridiques les plus répandues dans le monde musulman depuis le deuxième et le troisième siècle hégire.

Cette école, ou madhhab, doit son nom à l’illustre savant, le grand juriste, l’Imâm de Médine, Mâlik Ibn Anas, que Dieu l’agrée. Celui-ci occupa une place saillante parmi les juristes musulmans, excella dans la ville qui reçut la science et la bénédiction du Prophète, et porta le flambeau des sept célèbres juristes médinois : Abû Bakr Ibn `Abd Ar-Rahmân Ibn Al-Hârith Ibn Hishâm, Qâsim Ibn Muhammad Ibn Abî Bakr AsSiddîq, `Urwah Ibn Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm, Sa`îd Ibn Al-Musayyab, Sulaymân Ibn Yasâr, Khârijah Ibn Zayd et `Ubayd Allâh Ibn `Abd Allâh Ibn `Utbah Ibn Mas`ûd.

L’époque de l’Imâm Mâlik  

L’Imâm Mâlik naquit à la fin du premier siècle hégire et son âme retourna à Dieu environ vingt ans avant la fin du deuxième siècle. La première moitié de sa vie s’écoula sous le Califat des Omeyyades, alors que la seconde témoigna des premiers épisodes du Califat Abbasside.

Il vécut ainsi à une période mouvementée de l’Histoire islamique où émergèrent de nombreux courants de pensée religieux et politiques. Divers groupes religieux montèrent sur scène et l’ouverture sur la philosophie grecque, les pensées persanes ou indiennes s’élargit par le biais de diverses traductions.

Enfance et apprentissage des sciences islamiques

Dans son enfance, l’Imâm Mâlik mémorisa le Coran, puis apprit les hadiths prophétiques et les verdicts religieux (fatâwâ) des Compagnons.Il se montra brillant dans l’acquisition des sciences islamiques et se distingua par son excellente mémoire.

L’étape suivante de l’apprentissage de l’Imâm Mâlik fut marquée par son initiation auprès d’un grand nombre de Sheikhs. Selon l’Imâm An-Nawawî, il eut 900 maîtres dont 300 Successeurs, les autres étant des Successeurs de Successeurs. Parmi ses Sheikhs, nous pouvons également citer Nâfi`, le noble Successeur affranchi de `Abd Allâh Ibn `Umar, le grand Imâm Ja`far Ibn Muhammad Al-Bâqir, le juriste et savant-mémorisateur Yahyâ Ibn Sa`îd Al-Ansârî le Juge de Médine, et le prédicateur aux exhortations vibrantes, Salamah Ibn Dînâr Abû Hâzim AsSûfî.

Quelques principes de l’école malékite

La source première sur laquelle s’appuyait l’Imâm Mâlik dans sa jurisprudence fut le Noble Coran. C’est dans les versets de la Sage Révélation qu’il cherchait les jugements légaux et les preuves juridiques. Il estimait que toute personne qui se penchait sur l’interprétation des versets coraniques devait absolument avoir une grande maîtrise de la langue arabe, la langue de la révélation. “Si on m’amène un homme qui interprète le Coran sans être savant en langue arabe, je le punirai très certainement“, disait-il.

Mais la maîtrise de la langue, outil indispensable pour l’exégète, ne suffit pas à elle seule pour puiser les jugements divins dans le Noble Coran. La Tradition du Prophète – paix et bénédiction de Dieu sur lui – illustre les versets, les expose, les explique et en révèle le sens. C’est pourquoi l’Imâm Mâlik voyait en la Sunnah la deuxième source fondamentale de la Législation islamique, conformément à la Parole de Dieu :

“Prenez ce que le Messager vous octroie ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en.”

“Quiconque obéit au Prophète, obéit à Dieu”

“[…] Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent” 

“Non !… Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence]”

En outre, les verdicts religieux et les jugements juridiques émis par les Compagnons du Prophète – paix et bénédictions de Dieu sur lui -, occupaient une place importante dans la jurisprudence de l’Imâm Mâlik. Il pensait en effet que la pratique des Compagnons doit être annexée à la Sunnah. Aussi n’est-il pas étonnant de constater que le Muwatta’ de Mâlik compile, à côté des hadîths prophétiques, des verdicts des Compagnons.Lorsque l’Imâm Mâlik manifesta un tel attachement à la Sunnah du Prophète et à la guidance des Compagnons, il devint l’Imâm de la Sunnah à son époque et occupa une place très distinguée parmi les savants de l’Islam.

Il voyait dans le jugement légal émis par un compagnon une preuve solide et une branche de la Sunnah. En effet, soit le compagnon a appliqué un jugement qu’il tient du Messager de Dieu, soit la situation se prêtait à l’ijtihâd, et l’ijtihâd du compagnon découle de l’aiguisement de son sens juridique grâce à l’éducation prophétique qu’il a reçue.

Le consensus juridique, Ijmâ`, est une autre preuve législative considérée par Mâlik. On entend par consensus juridique l’accord des juristes et des savants musulmans sur une question donnée. La religion, ses fondements et ses branches, furent transmis et appliqués à Médine de génération en génération, depuis le temps des Compagnons. Ainsi, la pratique des savants et juristes médinois reflète avec fidélité ce qui fut transmis par les pieux prédécesseurs. C’est pour cette raison, que l’Imâm Mâlik préférait le consensus des gens de Médine aux hadîths dits ahâd.

L’analogie juridique (Qiyâs), la préférence juridique (Istihsân) et la présomption de continuité (Istishâb) constituent également des preuves juridiques pour l’Imâm Mâlik.

Le raisonnement par analogie (Qiyâs) consiste à appliquer pour un cas juridique non tranché par les sources législatives primaires le jugement prévu dans la législation pour un autre cas juridique, sachant que, au fond, la raison juridique qui motive le jugement dans le premier cas s’avère présente dans le second.

Mâlik prenait aussi en considération la réalisation de l’intérêt public (Al-Masâlih Al-Mursalah) et l’obstruction aux prétextes (Sadd Adh-Dharâ’i`).

Par ailleurs, l’Imâm Mâlik prenait en compte l’usage (`Urf) et la coutume (`Âdah). Il s’agit de conventions relatives aux paroles, aux actes ou aux abstentions, répandues parmi les gens et consacrées par l’usage. Le recours à l’usage peut être fait par le savant à condition qu’il n’y ait pas de texte dans le Coran ou la Sunnah tranchant la question et que cela n’entraîne pas de mal ou de nuisance.

Ce tour d’horizon rapide témoigne de la richesse des mécanismes juridiques de l’école malékite. Il convient de noter que la plupart de ces sources législatives sont également considérées dans les autres écoles juridiques sunnites.

Les ouvrages de l’Imâm Mâlik

Le plus célèbre ouvrage composé par l’Imâm de Médine, c’est Al-Muwatta’. Il s’agit d’un ouvrage compilant des éléments de la Sunnah purifiée, ainsi que certaines opinions juridiques émises par les nobles Compagnons, les Successeurs et autres savants parmi les pieux prédécesseurs.

Mâlik rédigea cet ouvrage pendant plus de dix ans et ne cessa de le mettre à jour et de l’enrichir pendant près de quarante ans. Hârûn Ar-Rashîd lui proposa de l’accrocher à la Ka`bah, à la Mecque Honorée, pour témoigner de ses vertus et pousser les gens à s’y conformer. Mais l’Imâm Mâlik déclina cette offre et justifia son refus en ces termes : “Ô Emir des Croyants, quantà accrocher Al-Muwattâ’ à la Ka`bah, [je ne le souhaite pas], car les Compagnons du Messager de Dieu – paix et bénédictions de Dieu sur lui – divergèrent dans les jugements dérivés et se dispèrsent dans les pays, et chacun estime avoir raison.”

C’est ce respect des divergences argumentées et solides en matière de jurisprudence qui poussa l’Imâm Mâlik à se comporter ainsi. Plus encore, Mâlik vit en ces divergences, basées sur des preuves tangibles, une miséricorde pour les serviteurs de Dieu : “Ô Emir des Croyants, la divergence entre les savants est une miséricorde de Dieu envers cette communauté”, dit-il.

Il convient de noter que cet ouvrage n’est pas un recueil de Hadîth au sens classique du terme. Il s’agit d’un ouvrage de Fiqh où l’Imâm Mâlik souhaita exposer les opinions qui relèvent du consensus dans la jurisprudence médinoise, s’appuyant sur des preuves issues de la Sunnah considérée et appliquée à Médine. C’est dans cette perspective qu’il déclina les questions juridiques.

Décès de l’Imâm

L’Imâm Mâlik tomba malade pendant vingt-deux jours. La nuit de son décès, Abû Bakr Ibn Sulaymân AsSawwâf vint dans une assemblée lui rendre visite et s’enquérir de son état de santé : “Comment te sens-tu aujourd’hui ?”, demanda-t-il au juriste de Médine. Mâlik répondit : “Je ne sais quoi vous dire. Demain, vous verrez du Pardon de Dieu ce que vous n’aviez pas prévu.” Peu de temps après, l’Imâm Mâlik rendit son âme bénie.

Il décéda à Médine le 14 Rabî` Al-Awwal 179 A.H., selon l’opinion la plus correcte, et fut enterré au cimetière d’Al-Baqî`.

Source

Les deux écoles de pensée ou méthodologies de l’islam

Les frontières du monde islamique s’étaient largement étendues aux premiers siècles de l’hégire, la vie matérielle voyait son cercle s’étendre et la nécessité d’apporter des réponses religieuses à des questions originales se faisait croissante, compte tenu de la diversité des peuples ayant embrassé l’islam. Les opinions juridiques se multiplièrent et deux principales écoles ou méthodologies se dégagèrent :

Les Gens du Hadîth :

La première méthodologie, celle des Gens du Hadîth, prônait l’application stricte et rigoureuse du Coran et de la Sunnah, mettant l’accent sur la lettre et la narration. Cette École eut de nombreux adeptes et trouva une terre fertile dans le Hijâz en général, et à Médine en particulier. En effet, cette méthodologie était en harmonie avec la vie à Médine, la ville du Prophète : une ville fortement attachée aux enseignements du Prophète et ayant préservé sa simplicité et son climat sain. Médine se dressa longtemps comme un rempart devant les idéologies sociales et politiques étrangères issues des nombreuses conquêtes islamiques et du contact avec de nouveaux peuples et de nouvelles cultures.

Les principaux adeptes de cette école sont :

  • L’imam Malek Ibn Anas
  • L’imam Chaafii (élève de Malek) pendant sa période à Médine
  • L’imam Ahmad Ibn Hanbal
  • Soufiane Athaouri
  • Assad Ibn Al Fourat (Malékite)

l’Ecole de l’Opinion :

La deuxième méthodologie, l’Ecole de l’Opinion, plus interprétative que la précédente, prônait également l’attachement, le respect et l’application du Coran et de la Sunnah, mais mettait davantage l’accent sur le rôle de l’intellect dans l’appréhension et l’interprétation des énoncés ainsi que dans la déduction des jugements légaux selon les règles de cette discipline. Cette école s’était fortement répandue en Irak qui était, à cette époque, le foyer scientifique musulman le plus actif. L’Irak était fort d’une histoire scientifique riche ; le recours à la recherche et à l’analyse rationnelle était devenu familier dans l’environnement irakien, confronté à diverses cultures, notamment la culture persane où foisonnaient les idéologies et les philosophies. Cette école a vu le jour après l’apparition de plusieurs Hadiths attribués au prophète qui ont été créés de toute pièce pour discréditer cette religion par les ennemis de l’islam qui se sont résignés à l’idée qu’il était impossible de combattre cette oumma par les armes, il fallait selon eux la détruire de l’intérieur. Cela a rendu les savants religieux de ces contrées un peu méfiants vis à vis des hadiths et très à cheval sur l’origine des paroles du prophète et de ses compagnons.

Les principaux adeptes de cette école sont :

  • L’imam Abou Hanifa
  • L’imam Chaafii (élève de Malek) pendant sa période en Irak et en Egypte
  • Ibrahim Annakhîi
  • Rabia Array
  • Abou Moutiî Al Balaghi

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Muhammad Ibn Abdelwahab, le wahabisme et les Al-Saoud

Muhammad Ibn Abdelwahab :

Né en 1703 à Aynia à Najd (une partie de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui), il a commencé à étudier le Coran à l’âge de 10 ans puis le Fiqh sous la tutelle de son père, un savant hanbalite renommé. Il voyagea ensuite pour continuer son enseignement entre la Mecque, Médine et la Bassora (Irak). Il retourna ensuite à son village pour prêcher l’unicité absolue et l’adoration de Dieu uniquement.

Il fut épaulé dans sa quête par le prince Muhammad Ibn Saud et ont réussi à unifier la péninsule arabique qui était alors divisée en plusieurs tribus. Il est mort en 1772 et ses disciples ont continué à propager le message du Tawhid.

Sa doctrine, Attawhid (l’unicité) :

Durant la période où a vécu Muhammad Ibn Abdelwahab, la oumma musulmane vivait une dégradation de ses croyances à cause de la propagation des innovations qui n’ont aucun rapport avec les préceptes de l’islam. L’adoration des tombeaux avait aussi atteint son paroxysme et de nombreuses sectes égarées se prétendaient de l’islam. De nombreuses pratiques comme le port des gris-gris, la visite des diseurs de bon-aventure, les sorciers, la construction des mausolées sur les tombes des pieux, l’imploration des morts et des vivants, l’intercession, les sacrifices pour les pieux, les serments par d’autres que Dieu, etc… sont apparues parmi les musulmans et se sont propagées donnant naissance à un islam vidé de tous ses principes et surtout de sa principale prescription : l’adoration de Dieu seulement.

وَأَنَّ الْمَسَاجِدَ لِلَّهِ فَلَا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَدًاالجن 17

Les mosquées sont consacrées à Allah: n’invoquez donc personne avec Allah.

Ibn Abdelwahab, passa sa vie à combattre cette forme égarée d’idolâtrie. Il commença par détruire les mausolées de la même façon que le prophète Abraham détruisit les idoles vénérées par son peuple et que le prophète Muhammad celles qu’abritaient la Kaaba. Évidemment, ceci ne pouvait pas passer inaperçu et il se fit rapidement de nombreux ennemis parmi les communautés qui profitaient de ce marché juteux qu’est la visite des tombeaux et les dons d’argent et de sacrifices qui en découlaient.Ces pratiques sont devenues tellement ancrées qu’il a connu une résistance farouche de la part de certains leaders religieux de son époque. De nombreuses voix se sont levées pour discréditer cette “nouvelle religion”.

Les pratiquants de ces superstitions aussi -convaincus qu’il s’agit d’actes les rapprochant de Dieu- n’ont pas apprécié la campagne d’Ibn Abdelwahab et tout ce beau monde appuyé par les communautés soufie et chiite, les astrologue, les pseudo-guérisseurs et autres charlatans ont tout fait pour se mettre sur la voie de la cause l’homme à la tête de ce retour à l’origine et de cette purification de la religion. On le traita d’hérétique, de collabo, de Takfiri et ses disciples aujourd’hui sont traités d’extrémistes, de terroristes, d’intolérants… De la même façon, le prophète fut traité de menteur, de magicien, de poète par les mécréants.

وَعَجِبُوا أَن جَاءَهُم مُّنذِرٌ مِّنْهُمْ وَقَالَ الْكَافِرُونَ هَذَا سَاحِرٌ كَذَّابٌق 3

Et ils (les Mecquois) s’étonnèrent qu’un avertisseur parmi eux leur soit venu, et les infidèles disent: ‹C’est un magicien et un grand menteur,

Attawhid (l’unicité de Dieu) est la raison pour laquelle Dieu a envoyé les prophètes et révélé les livres sacrés. Toutes les religions ont pour premier et principal but de combattre le Shirk (polythéisme).

إِنَّ اللّهَ لاَ يَغْفِرُ أَن يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَن يَشَاء وَمَن يُشْرِكْ بِاللّهِ فَقَدِ افْتَرَى إِثْمًا عَظِيمًاالنساء 47

Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelqu’associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu’associé commet un énorme péché.

Nouh (Noé) a été envoyé à son peuple lorsque ceux-ci ont commencé à vénérer les cinq personnages les plus pieux de leur génération que sont  ” Wadd, Suwaa, Yaghouth, Yaouq et Nasr ” (Sourate Nouh 24). Ces hommes étaient de leur vivant un exemple à suivre en termes de bonté et de dévotion, à leur mort des statues les représentant ont été érigées en souvenir de leur piété. Après quelques génération, le peuple de Nouh a commencé à les vénérer.

Le wahhabisme n’est ni une voie ni un groupe. C’est un simple appel au Tawhid, à la revivification des pratiques religieuses originales étouffées sous la multitudes, de sectes, des groupes, d’interprétations. C’est un retour à la aquida authentique du prophète et de ses compagnons. Et de la même façon que le prophète et ses compagnons ont connu une résistance de la part des adorateurs d’idoles, les nouveaux polythéistes ont essayé de freiner l’avancée de ce mouvement. Même s’il s’agit de l’essence même de l’islam, certains ont du mal à l’accepter et le combattent de toutes leurs forces comme s’il s’agissait d’un dogme totalement étranger à cette religion.

أَجَعَلَ الْآلِهَةَ إِلَهًا وَاحِدًا إِنَّ هَذَا لَشَيْءٌ عُجَابٌص 5

Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu? Voilà une chose vraiment étonnante

Les ennemis de l’islam se sont aussi alliés à cette propagande pour altérer l’image de cet appel au Tawhid, il leur est plus favorable que les musulmans se noient dans les abimes des innovations, de l’ignorance, des pratiques païennes, de l’adoration des Awliya et des “pieux” que de revenir à un islam authentique, nettoyé de ces rituels fétichistes. Car c’est cette croyance en l’unicité et la foi pure, associés à une confiance absolue placée en Dieu qui a permis aux musulmans de braver tous les obstacles depuis la révélation du message.

Al Saoud et les américains :

Les Al-Saoud ont exploité la voie de Muhammad Ibn Abdelwahab pour assoir leur domination sur le monde islamique. Il ont profité de la pureté de cet appel au Tawhid pour s’ériger en représentants de l’islam d’autant plus qu’ils ont réussi grâce à l’appui britannique à s’emparer de la mecque et justifier leur régime aux yeux des musulmans.

Ce n’est qu’avec la prise du pouvoir de Faisal de la dynastie des Saoud et son alliance avec les occidentaux (voir photo : 1918- prince Feisal et Haim weizman, un juif envoyé pour contacter les saoudiens) que la Wahabisme est devenu un outil politique. Ce prince et ses héritiers ont prêté allégeance aux américains en effectuant un pacte ; pétrole contre protection.

Ils ont offert aux ennemis de la voie du Tawhid le bâton pour faire battre l’islam, sali la mémoire de Mohammed Ibn Abdelwahab et fait entrer les mécréants sur les terres sacrées qui abritent la Mecque. Les générations qui suivirent n’ont fait qu’empirer les choses, justifiant leur égarement à l’aide de savants et d’imams complètement acquis à leur traitrise ou ne possédant pas assez de courage pour s’opposer à leurs régents.

Ils ont, entre autre, réduit les libertés, combattu le jihad et les savants religieux intègres (plus de 3000 savants sont en prison aujourd’hui), empêché leur peuple de participer à la vie politique, favorisé les non-musulmans au détriment des musulmans, se sont tus face à l’occupation de la Palestine, rendus le hajj difficile en établissant de nombreuses conditions, se sont accaparés les richesses du pays et placé leurs hommes à tous les postes de responsabilité, etc…

اين الله Où est Allah ? partie 3 : selon les compagnons du prophète

D’après les compagnons du prophète :

عن نافع عن ابن عمر رضي الله عنهما قال لما قبض رسول الله دخل أبو بكر رضي الله عنه عليه فأكب عليه وقبل جبهته وقال بأبي أنت وأمي طبت حيا وميتا وقال من كان يعبد محمدا فإن محمدا قد مات ومن كان يعبد الله فإن الله في السماء حي لا يموت

Dans Sahih Al Boukhari : Nafi’ rapporte qu’Ibn Omar a dit : « Quand Muhammad -SWS- mourut, Abou Bakr a dit aux gens : « Ô gens ! si c’est Mohammed votre Dieu alors sachez qu’il est mort. Et si votre Dieu est celui qui est au Ciel, et bien Lui ne meurt jamais ! » Puis il récita :
” Mohammed n’est qu’un messager, des messagers avant lui sont passés. S’il mourrait donc ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? ”

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قال إسمعيل عن قيس قال لما قدم عمر رضي الله عنه الشام استقبله الناس وهو على بعيره فقالوا يا أمير المؤمنين لو ركبت برذونا ليلقاك عظماء الناس ووجوههم فقال عمر رضي الله عنه ألا أراكم ههنا إن الأمر من ههنا وأشار بيده إلى السماء

D’après Ismail d’après Qais ; Lorsque Omar atteignit Ach-Cham, il était sur son mulet. Les gens lui dirent ; pourquoi ne montes-tu pas un cheval pour accueillir les personnes importantes de la ville. Omar leur répondit ; Ce n’est pas ce qui importe le plus, voilà ce qui importe le plus, et il leva le doigt vers le ciel.

وقال عثمان بن سعيد الدارمي حدثنا موسى بن إسمعيل قال حدثنا جرير بن حازم قال سمعت أبا يزيد المزني قال لقيت امرأة عمر بن الخطاب رضي الله عنه يقال لها خولة بنت ثعلبة رضي الله عنها وهو يسير مع الناس فاستوقفته فوقف لها ودنا منها وأصغى إليها حتى قضت حاجتها وانصرفت فقال له رجل يا أمير المؤمنين حسبت رجالا من قريش على هذه العجوز قال ويلك تدري من هذه قال لا قال هذه امرأة سمع الله شكواها من فوق سبع سموات هذه خولة بنت ثعلبة والله لو لم تنصرف عني إلى الليل ما انصرفت حتى تقضي حاجتها إلا أن تحضرني صلاة فأصليها ثم أرجع إليها حتى تقضي حاجتها

Le deuxième khalife Omar Ibn El Khattab est passé près d’une vieille femme, celle-ci lui demanda de s’arrêter, il s’arrêta, lui prêta l’oreille et discuta un moment avec elle. Un homme dit : – Ô Emir des croyants ! tu as fait attendre beaucoup de gens à cause de cette vieille femme.
– Malheur à toi ! dit Omar, est-ce que tu connais cette femme ? C’est celle dont Allah a entendu la plainte par-dessus les sept Cieux, c’est Khawla, et Allah a fait descendre à son sujet le verset: ( Allah a certes entendu la parole de celle qui discutait avec toi à propos de son époux…). Ed-Darimi et d’autres.

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ابن مسعود رضي الله عنه يقول “العرش فوق الماء والله فوق العرش ولا يخفى عليه شيء من أعمالكم” رواه عاصم بن أبي النجود عن زر ين حبيش عنه

Ibn Massoud (l’un des 10 compagnons les plus proches du prophète) a dit : Le trône est sur l’eau et Allah est sur le trône et rien de vos actes ne lui échappe. Rapporté par Assem Ibn Abi Najoud.

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عن مجاهد قال ابن عباس : إن الله كان على عرشه قبل أن يخلق شيئا فخلق الخلق فكتب ما هو كائن إلى يوم القيامة فإنما يجري الناس على أمر قد فرغ منه

Abdullah ibn Abbas a dit : «  En vérité Allah était au-dessus de Son Trône avant qu’Il n’ait tout créé, puis Il a créé la création et a décrété ce qui devait exister jusqu’au Jour du Jugement. » Rapporté par Tabarani.

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قالت عائشة رضي الله عنها في ذكر عثمان رضي الله عنه “ولكن علم الله فوق عرشه أني لم أحب قتله” رواه أبو سلمة التبوذكي عن جويرية عن نافع عنها ومثله عتاب بن بشير عن خصيف عن مجاهد عنها.

D’après Aicha la femme du prophète (à propos de la mort d’Othman) : Allah sait au dessus de son trône que je ne voulais pas qu’il meure. Rapporté par Abou Salama d’après Jouwayria d’après Nafii et par Itab ibn Bachir d’après Khassif d’après Mujahid.

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عن عدي بن عميرة رضي الله عنه قال خرجت مهاجرا إلى النبي فذكر قصة طويلة وقال فيها فإذا هو ومن معه يسجدون على وجوههم ويزعمون أن إلههم في السماء فأسلمت وتبعته

D’après Oudii ibn Oumayra ; il dit je suis parti à la rencontre de ce prophète (puis il a raconté une longue histoire) et il dit ; je l’ai trouvé et ses compagnons se prosternant face contre terre et prétendant que leur Dieu est au ciel, j’ai embrassé l’islam et je les ai suivis.

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حديث أنس رضي الله عنه والذي ورد في الصحيحين أنه قال : كانت زينب بنت جحش رضي الله عنها تفتخر على أزواج النبي صلى الله عليه وسلم وتقول : زوجكن أهاليكن وزوجني الله من فوق سبع سماوات

Selon Anas (Ibn Malek) dans les Sahih : Zeineb Bent Jahch se vantait auprès des autres femmes du prophète en disant : Vos parents vous ont marriés et moi, c’est Allah qui m’a marié par-dessus les sept cieux.

اين الله Où est Allah ? partie 2 : les preuves dans la Sunna

D’après la Sunna :

 

عن ابي سعيد الخذري : قال صلى الله عليه وسلم : ألا تأمنوني وأنا أمين من في السماء يأتيني خبر السماء صباحا ومساء. مسلم والبخاري

D’après Said Al Khudhri, le prophète a dit : “Ne me croyez-vous pas alors que je suis le probe de Celui qui est au ciel ? Les nouvelles du ciel me parviennent jour et nuit”. rapporté par Boukhari et Muslim.

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قال صلى الله عليه وسلم : إن الله لما قضى الخلق ، كتب عنده فوق عرشه : إن رحمتي سبقت غضبي. صحيح البخاري

Le hadith d’Abou Hourayra ; J’ai entendu l’Envoyé d’Allah dire : « Quand Allah a fini de créer toute chose, Il a écrit auprès de lui au dessus du trône, Ma miséricorde a devancé ma colère ». rapporté par Boukhari

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قول رسول الله صلى الله عليه وسلم في الحديث الذي رواه الترمذي والنسائي والحاكم عن النعمان بن البشير قال : قال رسول الله صلى الله عليه وسلم : إن الله تعالى كتب كتاباً قبل أن يخلق السموات والأرض بألفيّ عام وهو عند العرش وإنه أنزل منه آيتين ختم بهما سورة البقرة ولا يقرآن في دار ثلاث ليال فيقربها الشيطان. صحيح

Al-Nu‘man ibn Bachir rapporte que le Prophète a dit : « Dieu a écrit deux mille ans avant de créer les cieux et la terre un livre qui est sur son trône d’où Il a fait descendre deux versets par lesquels Il a parachevé la sourate al-Baqara. Lorsqu’on les récite dans une maison, le démon ne s’en approche pas trois nuits de suite. »

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الحديث الذي رواه أحمد وأبو داوود والترمذي عن عبد الله بن عمرو بن العاص رضي الله عنهما قال : قال رسول الله صلى الله عليه وسلم : الراحمون يرحمهم الرحمن تبارك وتعالى، ارحموا من في الأرض يرحمكم من في السماء. وهو حديث صحيح

D’après Ahmad, Abou Dawud, Attarmidhi, d’après Abdullah Ibn Amr Ibn Al Aas ; le prophète a dit : ” Les cléments seront pris de pitié par le Tout Miséricordieux, Ayez pitié de ceux qui sont sur terre et vous serez pris de pitié par Celui qui est au ciel. Sahih

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عن سلمان الفارسي قال : قال رسول الله صلى الله عليه وسلم : إن الله تعالى حيي كريم يستحي إذا رفع الرجل إليه يديه أن يردهما صفراً خائبتين. حديث صحيح

D’après Salman Al Farisi : Le prophète a dit : Allah est pudique et généreux, Il n’accepterait jamais qu’un homme qui lève les mains vers Lui, les baisse vides et déçu”. Sahih.

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الحديث الصحيح الذي رواه البخاري ومسلم عن أبي هريرة رضي الله عنه عن النبي صلى الله عليه وسلم : يتنزّل ربنا تبارك وتعالى كل ليلة إلى السماء الدنيا حين يبقى ثلث الليل الآخر، فيقول: من يدعوني فأستجب له من يسألني فأعطيه ومن يستغفرني فأغفر له

D’après Muslim et Bukhari (les deux livres les plus Sahih de la sunna) : le prophète a dit : Notre Seigneur qu’il soit exalté descend toutes les nuits au premier ciel durant le dernier tiers de la nuit, il dit alors : « qui m’invoque afin que je l’exauce, qui me demande afin que je lui donne, qui se repentit afin que j’agréé son repentir ?

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في خطبة الوداع حينما قال : أنتم مسؤولون عني فماذا أنتم قائلون قالوا: نشهد أنك قد بلغت وأديت ونصحت، فرفع إصبعه الكريمة إلى السماء رافعاً لها إلى من هو فوقها وفوق كل شيء قائلاً :اللهم فاشهد. رواه مسلم وأبو داوود من حديث جابر بن عبد الله

Lors de la Khotbat Al Wadaa (Le discours d’adieu), le prophète a dit : Si l’on vous questionne à mon propos, que répondrez-vous ? Ils disent : Nous certifions que tu as transmis. Il a levé son doigt vers le ciel en disant ; Allah est témoin. D’après Muslim et Abou Dawoud.

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حديث أنس رضي الله عنه والذي ورد في الصحيحين أنه قال : كانت زينب بنت جحش رضي الله عنها تفتخر على أزواج النبي صلى الله عليه وسلم وتقول : زوجكن أهاليكن وزوجني الله من فوق سبع سماوات

Selon Anas (Ibn Malek) dans les Sahih : Zeineb se vantait auprès des autres femmes du prophète en disant : Vos parents vous ont marriés et moi, c’est Allah qui m’a marié par-dessus les sept cieux.

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في صحيح الإمام مسلم في حديث معاوية بن الحكم السلمي في قصة ضربه لجاريته وفيه ” قلت يا رسول الله أفلا اعتقها ؟ قال ائتني بها ، فأتيته بها فقال لها : أين الله ؟ قالت في السماء ، قال من أنا ” قالت : أنت رسول الله ، قال : أعتقها فإنها مؤمنة

L’histoire du hadith de la femme esclave est qu’un homme possédait une femme esclave noire qui faisait paître un troupeau qui lui appartenait. Un jour, alors qu’elle faisait paître ce troupeau de moutons, un loup est venu et en a dévoré un. Alors, elle a rapporté cela à son maître qui l’a, ensuite, frappée. Après cela cet homme a regretté, il est alors allé jusqu’au prophète et lui a raconté l’histoire. Le messager lui a dit : « amène-la moi ! »

Alors, le messager lui a demandé : “Où est Allah ?” elle lui a répondu : «dans le ciel », il lui a demandé : « qui suis-je ? » et elle lui a répondu : « tu es le messager de Allah ». Alors le prophète a dit à cet homme : « affranchis-la car elle est croyante ! »

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إخباره صلى الله عليه وسلم كيف تردد بين موسى عليه السلام وبين ربه في المعراج مراراً عدة والحديث معروف بالصحيحين

L’histoire de l’Asra et al Miiraj : Le prophète Muhammad est monté pour rencontrer Allah puis est descendu pour que Moise lui demande de remonter afin que le Tout Puissant diminue le nombre de prières obligatoires par jour et ce à plusieurs reprises.

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في صحيح البخاري :  قول الرسول صلى الله عليه و سلم لسعد بن معاذ : لقد حكمت فيهم يا سعد بحكم الله من فوق سبع سماوات. صحيح

Dans Sahih Al Boukhari : le prophète a dit à Saad Ibn Mouadh ; Ton jugement est celui de Allah par-dessus les sept cieux.

Pas besoin d’être un cheikh salafi pour démentir les propos de Mohamed Talbi (partie 1)

A chaque fois que l’on parle de Talbi, il y a toujours quelqu’un qui se presse de nous brandir la carte du doctorat en histoire à la Sorbonne. Je dirais : Et alors ?

Cela ne veut en aucun cas dire qu’il s’agit d’un spécialiste de l’islam. Étudier l’histoire des civilisations et même des civilisations arabo-musulmanes en France est aussi pertinent qu’étudier les droits de l’homme en Chine, ou le communisme aux États Unis. De plus, cela ne fait en aucun cas de la personne un spécialiste de la législation islamique, ni des préceptes de l’islam, ni de la philosophie islamique.  Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une personne qui interprète le Coran à sa guise, selon ce que son esprit lui dicte, alors que la religion de l’islam est une législation bien définie qui repose sur des principes clairs et qui possède des sources exclusives et définies.

Dans son livre « Pour que mon cœur se rassure », l’auteur critique A.M Charfi pour sa mauvaise foi (sans jeux de mots) et ses attaques contre l’islam et ce à travers plus de 50 pages de son ouvrage dans le but de “faire triompher la vérité”, nous suivrons le même cheminement mais à l’encontre de Mohamed Talbi.

I- Le Coran est-il la seule source de l’islam ?

1-Le Coran renvoie vers la Sunna en tant que source obligatoire de l’islam

Mohamed Talbi a déclaré lors de son interview du 5-2-2005 à Nawat.org que seul le Coran oblige et que les hadiths du prophète ne doivent pas être considérés. Nous pensons contrairement à lui que la sunna aussi oblige et qu’il s’agit indubitablement de l’une des sources de l’islam.

Comme ce monsieur se déclare être un musulman coranique libre (source : Hannibal TV), cherchons dans ce livre qui est sa source exclusive la présence (ou pas) d’indications renvoyant vers une éventuelle prise en compte des hadiths du prophète (SAAS) comme source de législation de l’islam. Pour prouver à ce monsieur que les hadiths sont aussi valables que le livre saint, nous allons d’abord examiner les versets suivants :

قال اللَّه تعالى:  {أَنزَلْنَا إِلَيْكَ الذِّكْرَ لِتُبَيِّنَ لِلنَّاسِ مَا نُزِّلَ إِلَيْهِمْ وَلَعَلَّهُمْ يَتَفَكَّرُونَ

« Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce que Nous avons fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. »

Talbi déclare : « Si c’est dans le Coran c’est que c’est indiscutable » (dans son ouvrage « Pour que mon cœur se rassure »). Pourtant le livre saint a clairement stipulé que ce que Dieu a révélé à Mohamad (SAAS) est sujet à explication par ce même prophète. D’ailleurs n’est ce pas le rôle même des prophètes d’expliquer le contenu des livres sacrés ? Il était donc du devoir du prophète de nous expliquer, nous exposer, nous développer ce que Dieu veut de nous. Et c’est ce qu’il a fait. Qu’en est-il de ces explications aujourd’hui ? Elles se trouvent dans les hadiths du prophète. Si nous les ignorons ; soit c’est le prophète qui a failli à sa mission (ce qui est très peu probable et peu envisageable) soit c’est nous qui avons failli en ne les suivant pas (ce qui est plus plausible). De plus, plusieurs autres versets incitent les musulmans à obéir au prophète, ils sont tout aussi valables pour la période de la révélation que pour aujourd’hui, puisque pour ceux qui croient en Dieu et au jour dernier le Coran est un livre universel et intemporel :

قال اللَّه تعالى:  { وما آتاكم الرسول فخذوه، وما نهاكم عنه فانتهوا

« Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu’il vous interdit, absentez-vous en. »

Il est clairement dit dans ce verset qu’il faut prendre ce que le prophète nous a apporté, le prendre en considération dans le sens de l’acceptation et de l’application et en tant que législation religieuse. D’autre part, il faut éviter de faire ce qu’il nous a interdit. Comment savoir ce qu’il nous a apporté et ce qu’il nous a interdit ? Justement, en revenant à ce qu’il a déclaré ou fait donc à ses hadiths et à sa sunna. Surtout que d’après le Coran aussi, chaque affirmation du prophète est une révélation divine « il ne prononce rien sous l’effet de la passion, ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée »

قال تعالى: { وما ينطق عن الهوى، إن هو إلا وحي يوحى

Aussi, il est dit dans ce même livre que :

قال تعالى: { من يطع الرسول فقد أطاع اللَّه 

C’est-à-dire que « celui qui obéit au prophète obéit à Allah ». Il est évident, donc, que l’obéissance due au prophète est en soi un acte religieux et de vénération de Dieu puisqu’elle entraine vers une obéissance au Créateur.

Comme dans tous les domaines, pour expliquer un concept il faut revenir à la source. Si Talbi affirme qu’il ne faut pas prendre en considération la sunna, il doit fournir des preuves, mais quelles que soient ses preuves, peuvent-elles aller à l’encontre du texte divin qu’il prétend suivre exclusivement ? C’est ce même texte qui nous incite -voir nous ordonne- à suivre le prophète (SAAS) et en fait même une condition sine qua non de la soumission (iman/islam) telle que décrite dans le verset suivant :

قال تعالى:  { فلا وربك لا يؤمنون حتى يحكموك فيما شجر بينهم، ثم لا يجدوا في أنفسهم حرجاً مما قضيت، ويسلموا تسليماً

« Par ton Seigneur! Ils ne seront pas [de vrais] croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger entre eux et qu’ils n’auront éprouvé aucun embarras vis-à-vis de ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement. »

Voici que Dieu dans son livre explique que ceux qui ne se soumettent pas aux jugements du prophète ne sont pas de vrais moominines (croyants). Ceci est d’autant plus valable que nous disposons d’une énorme collection de ces jugements car il s’agit ni plus ni moins de l’homme parmi tous les personnages historiques dont la vie a été rapportée et mise par écrit dans les moindres détails. Nous en savons d’avantage sur lui que sur n’importe quel autre personnage de l’histoire de l’humanité. Personne ne peut prétendre que la biographie du prophète n’est pas parvenue jusqu’à nous, ni ses hadiths. Certains de ses contemporains ont même décrit son apparence physique de façon très précise. Nous savons ce qu’il a décidé lorsque les familles de Koreish ont voulu rebâtir la Kaaba avant la révélation, nous savons comment il a effectué sa Hijra avec Abou Bakr, nous savons ce qu’il a fait avec les hommes de Makka lorsqu’il est revenu en vainqueur, etc…

Nous en savons aussi assez pour pouvoir appliquer ses instructions dans la vie de tous les jours. Comment s’est-il comporté avec le buveur d’alcool, avec le fornicateur, avec les munafikines, ses décisions de justice, son comportement avec sa famille et ses voisins, avec ses femmes, ses enfants, ses petits enfants, sa façon de manger, de boire etc… Nous n’avons aucune excuse pour ne pas appliquer ses recommandations et ses ordres et pour ne pas éviter ce qu’il nous a interdit. D’ailleurs dans un autre verset, Dieu nous incite à revenir au Coran et à la sunna du prophète en cas de litige :

قال تعالى:  { فإن تنازعتم في شيء فردوه إلى اللَّه والرسول إن كنتم تؤمنون بالله واليوم الآخر

« Si vous êtes en désaccord en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. »

D’un autre coté la sunna est citée dans plusieurs versets coraniques dont :

قال تعالى:  {كَمَا أَرْسَلْنَا فِيكُمْ رَسُولاً مِّنكُمْ يَتْلُو عَلَيْكُمْ آيَاتِنَا وَيُزَكِّيكُمْ وَيُعَلِّمُكُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ

« Ainsi, Nous avons envoyé parmi vous un messager de chez vous qui vous récite Nos versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Sagesse ».

Le prophète n’a donc pas été envoyé que pour nous enseigner le Coran. Il était de son de voir aussi de nous enseigner d’autres comportements qui aspireraient à nous rendre plus sages. Ces comportement sont indissociables du livre saint, ils sont d’ailleurs cités dans d’autres versets :

قال تعالى:  {وَاذْكُرْنَ مَا يُتْلَى فِي بُيُوتِكُنَّ مِنْ آيَاتِ اللَّهِ وَالْحِكْمَةِ إِنَّ اللَّهَ كَانَ لَطِيفًا خَبِيرًا

« Et gardez en mémoire ce qui, dans vos foyers, est récité des versets d’Allah et de la sagesse. »

قال تعالى:  {هُوَ الَّذِي بَعَثَ فِي الْأُمِّيِّينَ رَسُولًا مِّنْهُمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ

« C’est Lui qui a envoyé aux illettrés un Messager des leurs qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, »

Quelle est donc cette sagesse qui va de pair avec le livre sacré dans plusieurs versets coraniques ? Revenons à la définition du mot « sagesse » : il s’agit de la modération et la prudence dans la conduite de sa vie ou de ses actions. Dans le domaine religieux ; il s’agit de la pratique des vertus religieuses. Il s’agit donc de pratiques. Ces pratiques dictées par Dieux et qui sont enseignées par son prophète sont en effet sa sunna, révélée sous forme de hadiths et d’actions perpétrées par les premiers musulmans jusqu’à nos jours. Elles doivent être suivies et appliquées parallèlement aux enseignements du livre saint selon les versets déjà cités. Et pour répondre aux plus sceptiques, tels que Talbi, l’intégrité de ceux qui ont permis la transmission des hadiths depuis l’aube de la révélation jusqu’à nos jours est assurée par Dieu lui-même, il parle de ces personnes dans le verset suivant (il y en aura d’autres plus loin dans la partie consacrée aux compagnons du prophète) :

قال تعالى:  {وَ السَّابِقُونَ الأَوَّلُونَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ وَالأَنصَارِ وَالَّذِينَ اتَّبَعُوهُم بِإِحْسَانٍ رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ وَرَضُواْ عَنْهُ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي تَحْتَهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا

« Les tout premiers [croyants] parmi les Émigrés et les Auxiliaires (Ansar) et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils l’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. »

PS : Notons que ces personnes que Dieu a déclaré agréer  (رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ) dans son livre saint (9 :100) Talbi déclare dans ses interviews qu’il ne peux pas les agréer (???).

Enfin, notons que même si Talbi prétend être un musulman coranique libre qui ne prend pas en considération la sunna du prophète (SAAS), il n’hésite pas à citer des hadiths du prophète dans ses livres, comme par exemple dans les premières pages de son ouvrage « Pour que mon cœur se rassure » (page 6) où il cite le hadith du prophète selon lequel il est plus légitime pour lui (le prophète) de douter puisqu’Ibrahim, un des prophètes qui lui ont précédés, a lui aussi douté. La contradiction dans les affirmations de l’auteur est flagrante ; d’abord il utilise un hadith pour étayer ses propos (et pour en tirer le titre de son livre) alors qu’il prétend qu’ils ne sont pas valables et qu’il ne faut pas y revenir. Ensuite, ce hadith a été narré par Abou Hourayra que l’auteur qualifie dans ses interviews de simplet et de bête et qu’il ne faut ni écouter ni se référer à ce qu’il a raconté car le pauvre homme joue avec un chat (herr d’où le surnom Hureyra).

Donc Mr Talbi je vous invite à réfléchir et à vous décider une fois pour toutes, devons-nous suivre les hadiths ou pas ? Si la réponse est non, expliquez-nous donc le sens de tous ces versets qui nous incitent à le faire et les raisons pour lesquelles nous devons obéir à Dieu par moments et ignorer ce qu’il nous demande à d’autres moment, selon ce que “notre esprit” nous dicte ?

2-Les preuves de la nécessité d’adopter la Sunna selon le prophète lui-même

L’islam est une religion complète qui englobe tous les aspects de la vie du musulman. En effet, il existe dans le coran des versets qui évoquent la prière et qui sont immédiatement suivis par d’autres qui parlent de charité, de finance ou de statut personnel. Le Coran dessine les grandes lignes et le prophète nous a révélé le coté pratique des choses. Nous savons tous qu’il faut faire l’ablution avant de prier, mais comment et quels sont les abrogations du wudhu, par exemple ? Nous savons tous qu’il faut prier, mais combien de prières par jour et comment ? Nous savons tous qu’il faut donner la zakaat, mais quel en est le taux et quand doit-on le faire ? Nous savons tous qu’il faut faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie (pour ceux qui peuvent se le permettre), mais que faire exactement et que dire et quand ? Pour répondre à toutes ces questions, nous devons revenir à la sunna du prophète. Ce dernier nous y a même incité :

خذوا عني مناسككم

Suivez-moi lorsqu’il s’agit de vos rituels.

Nous devons donc suivre le prophète lorsqu’il s’agit de rituels, mais comment est-il possible pour des personnes nées 1400 ans après Mohamad (SAAS) de suivre ce qu’il a prescrit ? Justement c’est là le rôle de la perpétration de la sunna ; la collection des hadiths qui ont été transmis par les contemporains du prophète jusqu’à nous. Ces hadiths ont été collectionnés du temps de sa vie et après, par des personnes dignes de confiance qui ont passé leur existence à rassembler la tradition prophétique. Ceux-là même à propos desquels le prophète (SAAS) a dit :

َعَلَيْكُمْ بسُنَّتي وَسُنَّةِ الْخُلُفَاءِ الرَّاشِدِينَ الْمَهْدِيِّينَ عضُّوا عَلَيْهَا بالنَّواجِذ

Suivez ma sunna et celle des khalifes bien guidés après moi, mordez-y avec les molaires.

Si Dieu et son prophète (SAAS) ont déclaré qu’il fallait suivre les agissements, les jugements, les décisions et le comportement du prophète et que toute la Umma s’accorde à le faire pour tout ce qui est prière, jeûne, aumône etc… Pourquoi s’arrêter aux rituels ? Avons-nous le droit de faire le tri et de prétendre qu’il est légitime de choisir entre les enseignements que nous devons pratiquer selon la sunna du prophète (SAAS) ? Nous savons tous que la sunna est beaucoup plus générale que le fait de pratiquer les rituels religieux, il est tout aussi logique de se plier aux enseignements du prophète en ce qui concerne les rituels qu’en toute autre chose.

Il est donc clair que la sunna est une source essentielle lorsqu’il s’agit d’islam, d’ailleurs pour clore cette partie, je cite le prophète Mohamad (SAAS) qui a déclaré lors de Hajjat el Wadaâ (le pèlerinage de l’adieu) :

تركت فيكم ما ان تمسكتم به لن تضلوا بعدي ابدا كتاب الله و سنتي

J’ai laissé parmi vous, quelque chose à laquelle si vous tenez fermement, vous ne vous égarerez jamais après moi ; le Livre de Dieu et ma Sunna.

II- Diverses erreurs et déformations historiques chez Talbi

1-la lapidation n’a été appliquée que sous le règne d’Omar Ibn Al Khattab.

Il s’agit là d’une grave erreur historique que de déclarer cela (surtout venant d’un historien). D’abord si l’on se réfère à la sira (qui est forcément la source à laquelle s’est référée Talbi puisque ce n’est pas dans le Coran et puisque toute biographie du prophète et tout livre historique sur le sujet est considéré comme un livre de sira) il est clair que le prophète a rencontré 3 cas d’adultère pendant sa vie, ou du moins ce sont les cas qui sont arrivés jusqu’à nous dans les sahihs. Dans deux des trois cas, la punition de la lapidation a été exécutée. Ce n’est donc pas du temps d’Omar que cela a commencé, voici les trois cas :

1-عن أبي هريرة رضي الله عنه أنه قال: (أتى رجل من المسلمين رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو في المسجد فناداه فقال: يا رسول الله! إني زنيت -أي: بصوت مرتفع- فأعرض عنه رسول الله صلى الله عليه وسلم)] فلما أعرض عنه جاءه من قبل وجهه وقال: (يا رسول الله! إني زنيت) فأشاح بوجهه الناحية الأخرى، فأتاه من قبل وجهه عليه الصلاة والسلام من الناحية الثانية وقال: (يا رسول الله! إني زنيت) فأشاح عنه ناحية اليمين فأتاه من قبل وجهه وقال: (يا رسول الله! إني زنيت) فأشاح عنه جهة الشمال، فأتاه من جهة الشمال فقال: (يا رسول الله! إني زنيت) أي: أربع مرات. قال: [(فأعرض عنه حتى ثنى ذلك عليه أربع مرات، فلما شهد على نفسه أربع شهادات دعاه رسول الله صلى الله عليه وسلم فقال: أبك جنون؟ قال: لا. قال: فهل أحصنت؟ قال: نعم. فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: اذهبوا به فارجموه)

Abou Houraira et Jaber ont rapporté qu’un homme appelé Maëz est venu dire au Messager d’Allah qui était à la Mosquée : “Ô Messager d’Allah ! J’ai forniqué” Le Messager d’Allah s’est détourné et ne lui a pas prêté attention. L’homme est revenu 4 fois et a répété ce qu’il a dit. Le prophète a alors demandé : “Es-tu fou ?” “Non” répondit-il. “Es-tu marié ?” “Oui” répondit-il. Le prophète a ordonné à ses compagnons de le lapider. (Rapporté par Moslem)

2-عن بريدة بن الحصيب الأسلمي رضي الله عنه : قال : فجاءت الغامدية فقالت : يا رسول الله ! إني قد زنيت فطهرني . وإنه ردها . فلما كان الغد قالت : يا رسول الله ! لم تردني ؟ لعلك أن تردني كما رددت ماعزا . فوالله ! إني لحبلى . قال ( إما لا ، فاذهبي حتى تلدي ) فلما ولدت أتته بالصبي في خرقة . قالت : هذا قد ولدته . قال ( اذهبي فأرضعيه حتى تفطميه ) . فلما فطمته أتته بالصبي في يده كسرة خبز . فقالت : هذا ، يا نبي الله ! قد فطمته ، وقد أكل الطعام . فدفع الصبي إلى رجل من المسلمين . ثم أمر بها فحفر لها إلى صدرها . وأمر الناس فرجموها. ثم أمر بها فصلى عليها ودفنت.

Abd’Allah Ben Burydah a rapporté de la part de son père qu’une femme (al-Gamidya) a dit au prophète : “ô Messager d’Allah ! J’ai forniqué, purifie-moi.” Mais le prophète l’a renvoyée. Le lendemain, elle lui a dit “Ô Messager d’Allah ! Pourquoi tu me renvoies ?! Me renvoies-tu comme t’as renvoyé Maëz ! Par Allah, je suis enceinte ” Il lui répondit : “Non, vas-t’en et reviens quand tu auras accouché.” Quand elle a donné naissance à son garçon, elle le lui a apporté dans une étoffe et elle a dit : “Le voilà, je l’ai mis au monde”, “Vas l’allaiter et reviens après sevrage” répondit le prophète. Quand elle l’a sevré, elle lui a apporté le gamin portant un morceau de pain à la main et a dit : “Le voilà, ô Messager d’Allah ! Je l’ai sevré et il s’est bien nourri.” Le prophète (SAAS) a confié le gamin à un homme de la famille de la femme et a ordonné de creuser un trou de profondeur suffisante pour couvrir son corps jusqu’à la poitrine, puis il a ordonné de la lapider. (Rapporté par Moslem)

3-عن ابن عباس‏:‏ ‏(‏أنه ذكر التلاعن عند رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم فقال عاصم بن عدي في ذلك قولًا ثم انصرف فأتاه رجل من قومه يشكو إليه أنه وجد مع أهله رجلًا فقال عاصم‏:‏ ما ابتليت بهذا إلا لقولي فيه فذهب به إلى رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم فأخبره بالذي وجد عليه امرأته وكان ذلك الرجل مصفرًا قليل اللحم سبط الشعر وكان الذي ادعى عليه أنه وجد عند أهله خدلًا آدم كثير اللحم فقال رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم‏:‏ اللّهم بين فوضعت شبيهًا بالذي ذكر زوجها أنه وجده عندها فلاعن رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم بينهما فقال رجل لابن عباس في المجلس‏:‏ أهي التي قال رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم لو رجمت أحدًا بغير بينة رجمت هذه فقال ابن عباس‏:‏ لا تلك امرأة كانت تظهر في الإسلام السوء‏)‏‏.‏

Un jour Ibn Abbass a évoqué chez le prophète l’appel mutuel du malheur (entre les mariés qui s’accusent d’adultère). Assem Ben Adiy a dit une chose à ce sujet puis il est parti. Un homme du peuple d’Assem est venu ensuite se plaindre du fait qu’il a trouvé avec sa femme un homme. Assem l’a emmené alors chez le prophète pour lui raconter l’histoire. Cet homme était pâle et mince et l’homme qu’il a vu avec sa femme était bien bâti. Le prophète a dit alors : “Ô Allah ! Eclaire-nous (la situation)” La femme est tombée enceinte et a donné naissance à un enfant qui ressemble à l’homme décrit par son mari. Le prophète a alors laissé les deux mariés appeler le malheur l’un sur l’autre. Un homme a dit à Ibn Abbass: est-ce que cette femme est celle mentionnée par le prophète quand il a dit : “Si je dois lapider quelqu’un sans preuve, je lapiderai celle-ci ?” Ibn Abbass répondit : “Non, c’était une femme qui montrait la perversion au temps d’Islam” (rapporté par les imams Bukhari et Muslim).

2-Omar Ibn Al Khattab a pris le pouvoir par la force après la mort du prophète (SAAS)

Il suffit de revenir aux différentes biographies du prophète pour se rendre compte que ce n’est pas vrai. Cette histoire est absente de la sira d’Ibn Hichem, celle d’Ibn Is’haq,  de Rahiq Al Makhtoum, de la sira de Tabari, celle de Mohammad Ibn Abdelwahab , etc… D’ailleurs c’est très simple, cette version de la prise du pouvoir par la force n’est présente que dans les livres des Shiaa (Chiites).  Voici un lien pour consulter plus d’une centaine de biographies du prophète et dans aucune d’elles il n’est mentionné cette histoire de Talbi (http://www.egyptsons.com/misr/archive/index.php/t-149121.html). Voici une grave erreur puisqu’il s’agit d’un homme diplômé en histoire. Comment ne pourrait-on pas penser qu’il puisse être de mauvaise foi ?

3-l’alcool n’est pas interdit en Islam, Omar Ibn Al Khattab l’a interdit

Même si l’on suppose que la sunna n’est pas une source fiable comme le dit Talbi, ce qui n’est en aucun cas vrai. Il suffit de lire le Coran pour faire voler en éclats cette théorie farfelue. D’abord le Coran dit :

قال تعالى:  {يُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَآئِثَ

« Leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises »

Dans ce contexte, aucune étude scientifique dans le monde ne classe l’alcool parmi les bonnes choses. Au contraire, toutes les législations s’accordent à limiter sa consommation pour éviter ses effets néfastes que ce soit sur l’organisme ou sur la pratique de son activité quotidienne.

قال تعالى:  {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنصَابُ وَالأَزْلاَمُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

« Ô croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées (idoles), les flèches de divination ne sont qu’une abomination, oeuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez. »

D’autre part, le coran a expressément interdit sa consommation. D’abord en l’associant aux paris d’argent, aux flèches de divination et aux idoles et ces deux dernières sont totalement interdites en islam car il s’agit de Shirk (associer des divinations à Dieu) et il est connu que l’association est le seul péché que Dieu ne pardonne jamais et qui implique la damnation éternelle dans l’au-delà.

Lorsque Dieu dit « ijtanibouh » il ne veut pas dire « évitez-le » en français comme de nombreuses personnes aiment penser. Car le verbe « ijtineb » veut dire s’en écarter complètement et ne pas s’en approcher sous aucun prétexte. D’ailleurs, la preuve, et selon le prophète, il ne faut ni le porter, ni s’asseoir avec celui qui le boit, ni le vendre, ni l’acheter etc… c’est là le vrai sens du mot « ijtineb » ce qui le rend différent d’un autre produit interdit (haram) comme le porc dont seule la consommation est interdite.

Et pour étayer ce raisonnement, comparons avec un autre verset qui utilise le mot « ijtineb » pour trouver le vrai sens de ce mot et le degré d’interdiction et ce dans le but de ne pas perdre du temps à tergiverser entre les différentes définitions données par des êtres humains et des esprits imparfaits dont l’interprétation peut varier selon l’emplacement géographique, la culture, le degré de religiosité et l’humeur. Dieu dit dans son livre :

قال تعالى:  {وَلَقَدْ بَعَثْنَا فِي كُلِّ أُمَّةٍ رَّسُولاً أَنِ اعْبُدُواْ اللّهَ وَاجْتَنِبُواْ الطَّاغُوتَ

« Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, [pour leur dire]: ‹Adorez Allah et écartez-vous du Taghut› »

Le Taghut est le Diable et tous ses associés et adorateurs, selon les Ulama et d’après le Coran lui même :

قال تعالى:  {الَّذِينَ آمَنُواْ يُقَاتِلُونَ فِي سَبِيلِ اللّهِ وَالَّذِينَ كَفَرُواْ يُقَاتِلُونَ فِي سَبِيلِ الطَّاغُوتِ فَقَاتِلُواْ أَوْلِيَاء الشَّيْطَانِ إِنَّ كَيْدَ الشَّيْطَانِ كَانَ ضَعِيفًا

« Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tagut. Eh bien, combattez les alliés de Diable, car la ruse du Diable est certes, faible. »

Dans ce verset Dieu ne veut en aucun cas dire “évitez le diable” mais plutôt “écartez-vous en complètement et ne vous en approchez sous aucun prétexte”. N’est-il pas le pire ennemi de l’homme et n’a-t-il pas juré par la Dignité de Dieu qu’il nous corromprait tous ?

Il est donc clair pour un esprit de bonne foi qui fait prévaloir l’argument au dessus de son désir personnel que l’alcool a été interdit dans le Coran, il s’agit en plus d’une interdiction explicite et sans équivoque. Comment ne l’interdirait-il pas alors que nous connaissons tous –sauf Talbi apparemment- les ravages que provoque cette boisson. Il est inutile dans ce contexte de revenir aux statistiques car nous cherchons à prouver notre cause du point de vue religieux d’abord.

Sans parler du hadith relatif à la question du fouettement du buveur d’alcool :

عن عمر : أَنَّ رَجُلاً عَلَى عَهْدِ النَّبِىِّ – صلى الله عليه وسلم – كَانَ اسْمُهُ عَبْدَ اللَّهِ ، وَكَانَ يُلَقَّبُ حِمَاراً ، وَكَانَ يُضْحِكُ رَسُولَ اللَّهِ – صلى الله عليه وسلم – ، وَكَانَ النَّبِىُّ – صلى الله عليه وسلم – قَدْ جَلَدَهُ فِى الشَّرَابِ ، فَأُتِىَ بِهِ يَوْماً فَأَمَرَ بِهِ فَجُلِدَ ، فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْقَوْمِ اللَّهُمَّ الْعَنْهُ مَا أَكْثَرَ مَا يُؤْتَى بِهِ . فَقَالَ النَّبِىُّ – صلى الله عليه وسلم – لاَ تَلْعَنُوهُ ، فَوَاللَّهِ مَا عَلِمْتُ أنه يحب الله وَرَسُولَهُ ،
أخرجه البخارى (6/2489 ، رقم 6398)

il y avait un homme appelé ‘ Abd-Allah dont le surnom était Himar (l’âne), qui avait l’habitude de faire rire le Messager d’Allah .  Le Prophète l’a fait fouetter pour avoir bu , il lui a été apporté un jour et le Prophète a donné l’ordre que l’on devrait le fouetter. Un des hommes présent a dit, “O Allah, maudit-le! Combien de fois a il été apporté [pour être puni à cause de boire]!” Le Prophète a dit, “ne le maudissez pas, car par Allah, je sais qu’il aime Allah et Son Messager.” (Rapporté par Al-Bukhari).

4-il dit : « je n’ai aucun respect pour le salaf »

Talbi dit des compagnons des prophètes “je ne dis pas que dieu les agrée”, “je n’ai aucun respect pour eux” (conference à l’hôtel Mouradi Gammarth samedi 28 Mai 2011). Si l’on compare ces propos avec ce qu’il dit dans son livre « Si c’est dans le Coran c’est que c’est indiscutable » alors nous remarquons à nouveau une contradiction flagrante. En effet, Dieu dit dans le Coran :

قال تعالى:  {وَالسَّابِقُونَ الأَوَّلُونَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ وَالأَنصَارِ وَالَّذِينَ اتَّبَعُوهُم بِإِحْسَانٍ رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ وَرَضُواْ عَنْهُ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي تَحْتَهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ذَلِكَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ

“Les premiers [croyants] parmi les Emigrés et les Auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils l’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l’énorme succès !”

Si Dieu lui-même agrée ces premiers croyants (Abou Bakr fût le premier homme à croire à la révélation du prophète) comment peut Talbi dire que je ne les respecte pas ? C’est l’illogique même. Omar et Ali aussi furent parmi ces premiers croyants et ont émigré vers Médine pour rejoindre le prophète. Pourtant, Talbi n’hésite pas à les descendre à chaque fois qu’il en a l’occasion lors de ses interventions.

Toujours dans le Coran :

قال تعالى:  {إِلاَّ تَنصُرُوهُ فَقَدْ نَصَرَهُ اللّهُ إِذْ أَخْرَجَهُ الَّذِينَ كَفَرُواْ ثَانِيَ اثْنَيْنِ إِذْ هُمَا فِي الْغَارِ إِذْ يَقُولُ لِصَاحِبِهِ لاَ تَحْزَنْ إِنَّ اللّهَ مَعَنَا

“Si vous ne lui portez pas secours… Allah l’a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l’avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon: ‹Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous.›”

Abou Bakr, à nouveau, a été honoré par Dieu dans ce deuxième verset. Il en dit qu’il est le deuxième parmi deux, dont Dieu est le troisième. N’est ce pas assez d’honneur qui mérite que l’on porte à cet homme l’estime et le rang qui lui reviennent ? Si ce ne sont pas Abou Bakr, Omar, Ali et les autres qui sont évoqués dans ces versets, qui donc peuvent être ces premiers musulmans que Dieu a estimé ? :

قال تعالى:  {مُّحَمَّدٌ رَّسُولُ اللَّهِ وَالَّذِينَ مَعَهُ أَشِدَّاءُ عَلَى الْكُفَّارِ رُحَمَاءُ بَيْنَهُمْ تَرَاهُمْ رُكَّعًا سُجَّدًا يَبْتَغُونَ فَضْلًا مِّنَ اللَّهِ وَرِضْوَانًا سِيمَاهُمْ فِي وُجُوهِهِم مِّنْ أَثَرِ السُّجُودِ

“Muhammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation.”

Ces premiers musulmans qui ont donné leurs vies, leur argent et tout ce qu’ils possédaient pour la cause de l’islam et que dieu a agréé et honoré en les citant dans son livre saint que nous lisons encore aujourd’hui méritent ils d’être rabaissés par un pseudo philosophe ?

Sans parler de ce que le prophète a dit de ses compagnons :

خَيْرُ النَّاسِ قَرْنِي ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ

La meilleure des générations est la mienne, puis la suivante, puis la suivante, puis la suivante

Mais aussi :

الله ، الله في أصحابي لا تتخذوهم غرضا بعدي ، فمن أحبهم فبحبي أحبهم ، ومن أبغضهم فببغضي أبغضهم ، ومن آذاهم فقد أذاني ، ومن أذاني فقد أذى الله ، ومن آذى الله فيوشك أن يأخذه

N’insultez pas mes compagnons après moi, celui qui les aime m’a aimé, et celui qui les déteste m’a détesté, celui qui les froisse m’a froissé et celui qui me froisse a froissé Dieu. Et celui qui froisse Dieu est tout près d’être emporté.

Si les propos de Talbi seraient vrais, le prophète aurait-il mal choisi ses amis ? Dieu aurait-il permis que son prophète soit entouré des pires crapules comme l’insinue Talbi ? Non, ceci n’est même pas envisageable.

*tous les hadiths utilisés dans cet article sont puisés dans les sahihs.