Zama9tel et histoires en queue de poisson

Ce qui est bien aujourd’hui en Tunisie, c’est que l’on parle d’islam, et on en parle beaucoup. Que ce soit en bien ou en mal, l’important c’est que l’on en parle.

Entre ceux qui s’emportent, s’entêtent, discutent, s’informent, s’emmêlent les pinceaux. Ceux qui ont toujours un verset à la bouche pour chaque situation. Ceux qui suivent les traces du prophète dans la vie de tous les jours quitte à passer pour un extraterrestre. Ceux qui regrettent les conquêtes, les expéditions, l’Andalousie. Ceux qui pointent du doigt pour un oui ou pour un non la franc-maçonnerie. Ceux qui parlent des savants, des dernières fatwas, de s’il fallait en parler ou s’il aurait été mieux de se taire. Ceux qui ratent leurs prières. Ceux qui poussent le délire, évoquent les signes de la fin des temps, ceux qui voient en tout un avertissement. Ceux qui interprètent, extrapolent et rabotent un peu sur les bords, pour que ça corresponde à leur envies, aux théories qu’ils élaborent. On parle aussi de tel ou tel imam, de sa récitation, de son sermon du vendredi, de tel ou tel habitué, de sa façon de se prosterner, de ses murmures, de sa barbe, de sa panoplie. De telle ou telle mosquée, ses colonnes, ses tapis, son minaret. On parle aussi de politique, de partis islamiques, d’Al Qaeda, des salafistes jihadiques. On parle de finance islamique, de charia, de ramadan, des chiites, des sunnites, de la Palestine, de la Syrie. On parle devant les mosquées, à la maison, au boulot, en taxi, au café, à la fac, au lycée, à la télé, à la radio, sur internet et dans les librairies.

Ça fait longtemps que j’essaye d’évoquer le sujet de cette queue de poisson qui orne son magasin, avec l’épicier du coin. J’en avais déjà parlé à la caissière mais elle m’a sorti ; je ne suis pas la responsable. Donc j’ai chopé le proprio seul, un jour. Je n’ai même pas fini ma phrase qu’il l’avait déjà terminée ; … shirk ! me cria-t-il, avant d’ajouter, d’ailleurs le prophète a dit ; celui qui accroche un objet ne verra jamais le succès, et il commença à me sortir toutes les infos qu’il connaissait à propos du shirk que représentent les gris-gris et autres porte-bonheurs, toutes les mains de Fatma, l’œil de je ne sais pas qui, la patte de lapin, la corne de gazelle, etc…

Le tunisien d’aujourd’hui a accumulé en quelques mois ce que les générations précédentes n’ont pas assimilé en plusieurs années, même s’il est vrai que la situation politique ne s’y prêtait pas. Mais je suis fasciné par le degré actuel de connaissance du tunisien en matière de religion.

Aujourd’hui, à la mosquée je vois des adolescents avec des jeans Slim et des coupes iroquoises, pendant la prière du vendredi. Je les regarde stupéfait. Il est clair que c’est tout récent pour eux, ils sont là à effectuer les mouvements de prière maladroitement, d’un air pas très sur, à regarder la masse de personnes qui les entourent, tellement différents ; du vieil homme en jebba au jeune cadre en costard. Du maçon au petit qui accompagne son père. De l’handicapé au fameux joueur de volley-ball de plus de deux mètres qui joue dans l’équipe locale. Parmi toutes ces personnes ce sont les jeunes garçons de 14, 15 ans, fraichement sortis du derniers cours de math ou de sciences naturelles à midi tapante, se rendant à la mosquée en groupe qui me captivent le plus. Il y en a toujours un qui fais mine de s’y connaitre plus que les autres, qui sait où se trouve la midha, qui leur montre le chemin pour éviter la foule ou la porte la moins bondée (la troisième à droite). Chose que les mecs de ma génération ne faisaient pas, en tout cas, moi je ne connaissais personne qui le faisait. Et quand je dis des lycéens, je parle de lycéens normaux, le genre d’adolescents que tu vois dans la rue aujourd’hui. Ceux dont tu regarde la coupe en premier car tu essaye de comprendre la démarche qu’ils ont suivie pour aboutir à ce résultat ou la matière qu’ils ont utilisée pour fixer ce genre de sculptures. Je ne parle pas du fils du muazzin ou du fils de l’imam, qui a commencé « sa carrière » assez jeune de par la fonction de son père. Je parle du jeune que l’on voit au café, sur un scooter ou dans une salle de jeux en réseau, les mains accrochées à la manette et les yeux rivés sur l’écran.

Bref, aujourd’hui on en parle aussi en mal. On parle d’hypocrisie, de foi, de soumission, de mécréance, de corruption. On critique, on met en doute jusqu’à l’authenticité du texte sacré. On traite de koffars, on veut réduire les libertés… et le Zama9tel ! On met en avant la violence, l’oppression, le sexisme, on maquille la vérité. On oublie la compassion, la morale, la bonté et on ne montre pas assez… et le Zama9tel !

Quoique des fois, j’aurais aimé apprendre le Zama9tel. Comme cette fois où je quittais le parking de Kantaoui et qu’un flic à deux têtes (ou c’était peut être son cou) me barre la route avec son quad et qu’il commence à me regarder en faisant mine d’accélérer à 10 cm de mon pare-choc. Une armoire à glace, rasé, bronzé, balafré (ou c’était peut être sa bouche). Je regarde à droite, à gauche, je ne bloque personne. Je lui fais un signe de la main lui demandant ce qu’il se passe et là il fustige. Il me sort directement ; si t’es un homme descend ! Je ne peux pas ne pas m’exécuter, il s’agit là d’une question de virilité. Je n’ai même pas fermé la porte de la voiture qu’il me lance ; Ne me considère pas comme un policier, viens te frotter à moi si tu as une bounia shiha (poing solide) ! Qu’est ce que je peux répondre à ça ? Tout en continuant à analyser la situation, à faire un Rewind en arrière pour re-visualiser les évènements et essayer de chercher le pourquoi du comment, je lui réponds tout simplement ; c’est quoi ton problème, mec ? Et là il continue à aboyer, mais puisque j’étais en mode Matrix où tout se passait en Slowmotion et que la petite loupe effectuait encore de petits mouvements en forme de cercle au dessus des dossiers qui défilent dans mon disque dur interne, et que les cris des taxistes qui se sont regroupés ont étouffé un peu la voix du gentil flic, je n’ai pu distinguer que des bribes : Ouaf ! …vous les barbus …Ouaf, ouaf ! … faire la loi …Ouaf ! …prisons …. Ouaf, ouaf ! …casse ta gueule … Ouaf !

Je rétorque avec une phrase bateau qui ne donne ni une impression d’agressivité, ni une impression de se laisser-faire qui n’a pour seul but que de me faire gagner quelques secondes de plus pour réussir à cerner toute la situation ; mais c’est toi qui me bloque la route avec ton engin, c’est quoi le rapport avec ce que tu raconte ? Et je reprends directement la Slowmotion en élaborant des scénarios de Zama9tel dans ma tête. Je revois tous les films de Bruce Lee que j’ai regardé étant gosse, les acrobaties de Jackie Chan (que je zappe direct), les combats de Free Fight défilent devant mes yeux, Dragon Ball Z, Ken le survivant, les attaques des Chevaliers du Zodiaque, les cours de Jiu Jitsu Brésilien à la salle olympique, et enfin je me décide. J’avais décidé de faire dans le simple et efficace. Je n’avais que trois options ; les yeux, le cou ou les Ouilles, ces dernières étant l’endroit que j’avais choisi de viser avant de sauter dans la voiture et de me casser.

Je désactive donc le mode Bullet-time de Max Payne et là j’entends ; s’il n’y avait pas tous ces gens, ça aurait été une histoire. Il remonte sur son engin et s’en va.

Je remonte dans mon engin et je m’en vais.

Bref, on parle beaucoup d’islam en Tunisie, on mélange, on confond, on fait des amalgames, on parle devant sa webcam, on partage sur Facebook, c’est le souk ! Et le Zama9tel !

 

 

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Les différents mouvements islamiques en Tunisie

Acharites (الأشعرية) : principal mouvement en Afrique du Nord, il s’agit du courant de pensée “officiel” de la Tunisie qui est enseigné à la Zitouna et les universités de théologie. Le mufti est aussi Acharite. Les hommes de religion de ce mouvement portent la jebba tunisienne couplée avec une chachia entourée d’un turban.

Fondateur : Abou al Hassan al Achari, qui vécut au 8ème siècle et qui s’est séparé des Mutazalites (logique et rationalisme, inspiré de la philosophie grecque). Sa doctrine a été propagée par les Amohades (Al-Muwahhidun), dynastie musulmane berbère qui domina le Maghreb et l’Espagne au 11ème siècle.

Caractéristiques : l’utilisation du raisonnement logique même au détriment de certains textes coraniques et de la sunna.

Références : Abou al Hassan al Achari, Abu Hamid Al Ghazali, Ibn Khaldoun, Tahar Ben Achour, Mohamed Machfar, tous les muftis tunisiens,…

(Mokhtar Tounsi, cheikh Acharite tunisien)

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Soufis (الصوفية) : Très proches des premiers (les Acharites), ils se rejoignent dans les premiers savants tels que Abu Hamid Al Ghazali. Nous les connaissons en tant que confréries ou groupes qui perpétuent des chants religieux (hadhra, Soulamia, 3issawia) accompagnés de bendirs et autres instruments à percussion. Habillés généralement en blanc, les habits en laine ne sont plus forcément de rigueur.

Fondateur : les premières confréries sont apparues à Baghdad au 8ème siècle. Certaines branches sont spirituelles et métaphysiques et d’autres représentent l’implication des maitres soufis et de leurs disciples dans la vie politique et culturelle.

Caractéristiques : A la base, les adhérents de cette doctrine la décrivaient comme la voie spirituelle de l’islam, leur discours est contemplatif et repose sur l’utilisation de la poésie et du chant. Ils cherchent l’annihilation de l’égo par voie d’extinction/ivresse spirituelle pour parvenir à la conscience de la présence divine. Toutefois, certaines dérives sont apparues car certains disciples soufis (et notamment les 3issawia) ont basculé dans des pratiques non islamiques telles que l’exorcisme, les danses de transe, la flagellation et avaler des serpents, dans les zawias et les mausolées des awlias.

Références : Al Hassan Al Basri, Abu Hamid Al Ghazali, Mohammed Ben Aissa (d’où 3issawia), Ahmed Ben Arous, Abdelfattah Mourou.

(Ahmed Jalmem, cheikh et chanteur Soufi)

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Dawa et Tabligh (جماعة الدعوة و التبليغ) : Ce sont ces hommes barbus et habillés en qamiss afghan (haut assez court par rapport au qamiss classique et pantalon, souvent vert, gris ou marron) qui se promènent la plupart du temps à vélo. Ils ont pour but d’enseigner le Coran et pouvaient se promener librement et garder la barbe sur leurs cartes d’identité au temps de Benali.

Fondateur : Fondée par Mohamed Ilyes, un religieux indien, au 20ème siècle.

Caractéristiques : Ils ne s’occupent pas de politique et signent une attestation dans les postes de police déclarant qu’ils ne s’opposeraient pas au système. Ils voyagent pour enseigner le Coran dans les endroits reculés du pays. Toutefois, il y eu plusieurs cas de dénonciation et de coopération avec les agents de police, depuis ils ont la réputation d’indics et de cafteurs.

Références : Mohamed Ilyes (fondateur), Mohamed Yousef (fils de Mohamed Ilyes), Zakaria Ibn Yahya (neveu de Mohamed Ilyes)

(Les cheikhs de la Dawa et Tabligh tunisiens)

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Salafia (السلفية ) : Les salafistes comme les appellent certains (eux mêmes se définissent comme des sunni suivant la voie du salaf assalih) sont minoritaires en Tunisie. Ils portent le Qamiss classique et se laissent pousser la barbe en se taillant les moustaches (aux ciseaux). Ils appellent à la compréhension du Coran et de la sunna selon l’interprétation des 3 premières générations de l’islam (le Prophète SAAS, ses compagnons et leurs descendants). Ils sont divisés en deux courants importants, la salafia 3ilmia et la salafia jihadia (السلفية العلمية و السلفية الجهادية). La différence entre les deux est que les derniers approuvent la désobéissance si celui qui gouverne ne le fait pas selon les préceptes de l’islam.

Fondateur : Si l’on met de coté les salaf qui sont les 3 premières générations, les thèses de ce courant ont été développées par Ahmad Ibn Hanbal et Ibn Taymia “Cheikh el Islam”.

Caractéristiques : Pour freiner les dérives subies par la religion musulmane qui ont donné naissance à plusieurs courants se disputant l’authenticité de l’islam qu’ils appliquent, et pour mettre fin aux différentes polémiques et divergences de ces courants, certains savants religieux ont opté pour un retour aux sources de l’islam. Ils ont réclamé que les différentes interprétation du Coran et de la Sunna ne peuvent être plus justes que celles des premiers musulmans qui ont assisté à la révélation et côtoyé le prophète.

Références : Ahmad Ibn Hanbal, Ibn Taymia, Ibn Al Qayyem, Ibn Abd Al Wahab, Nasser Eddine Al Albany, Ibn Baz, Ibn Otheymine.

(Béchir Benhassen, cheikh Salafi tunisien)

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Chiites (الشيعة) : ils représentent 10% de la population qui s’identifie à l’islam comme religion, dans le monde. En Tunisie, les Chiites s’habillent de la même manière que les Acharites mais substituent parfois le ruban et chachia à un grand ruban (style sultans dans les films) ou à une chachia seule. Ils sont très minoritaires mais certains d’entre eux sont mondialement connus comme Mohamed Tijani Smaoui.

Fondateur : le Chiisme a commencé comme un courant politique représentant ceux qui ont soutenu Ali Ibn Abi Taleb (le cousin du prophète) lors de la Grande Fitna puis s’est transformé en un courant religieux qui s’attribue à la descendance d’Ali et qui fait de ce dernier l’authentique successeur du prophète dans la gouvernance et dans la prophétie. Les Fatimides dont la religion était le Chiisme l’ont propagé lorsqu’ils ont envahi la Tunisie et établi Mahdia comme capitale.

Caractéristiques : La plupart des courants Chiites et spécialement le Chiites Ithnay3acharia (en référence aux 12 imams) ont dérivé pour osciller entre “prophétiser” Ali et le déifier. Cette qualité qui fait de lui un être suprême et parfois divin, s’est propagée, selon eux, aux imams qui lui ont succédé jusqu’à nos jours. En effet, pour eux, la parole des imams (même actuels) est infaillible. Tels les prophètes, tout ce qu’ils disent est une révélation divine, ils ne peuvent donc pas se tromper. Ils effectuent des pèlerinages à Karbala (Irak) et s’adonnent à des rites sanguinaires tels que la flagellation pendant la fête d’Ashura (mort de Hussein Ibn Ali).

Références : Ayatollah Al Khumeini, Al Sisteni, Al Khourassani, Al Kourani, At’Tijani.

(Mohamed Tijani, un des leaders Chiites tunisiens)

Ferveur religieuse, vous dites ?

Liberté d’expression :

Ceux qui ont passé le film (avant les excuses publiques) et ceux qui le tolèrent se justifient en invoquant la liberté d’expression. Pour eux, cette liberté d’expression n’est pas en contradiction avec leurs convictions religieuses en tant que musulmans, leur lecture du texte sacré (qui est la référence des musulmans) leur autorise à personnifier Dieu. D’autres disent que la liberté d’expression est sacrée mais qu’il ne faut pas toucher au sacré en même temps. Drôle de contradiction !

Ceux qui sont contre le film peuvent avoir une autre lecture (expliquée plus bas), celle-ci va à l’encontre de la personnification de Dieu. Toutefois, ils ont aussi le droit de le déclarer haut et fort sous l’égide de la liberté d’expression également. Ça ne fait pas d’eux des extrémistes obscurantistes pour autant. D’autant plus qu’ils rejoignent les premiers dans la partie “il ne faut pas toucher au sacré”. Moi je me pose la question : qui est plus sacré ; la liberté d’expression ou le sacré ? Sacrée question !

Que dit le Sacré :

وَقَالُوا اتَّخَذَ الرَّحْمَنُ وَلَدًا ,لَقَدْ جِئْتُمْ شَيْئًا إِدًّا ,تَكَادُ السَّمَاوَاتُ يَتَفَطَّرْنَ مِنْهُ وَتَنشَقُّ الْأَرْضُ وَتَخِرُّ الْجِبَالُ هَدًّا ” مريم90- 91 ”

“Et ils ont dit: ‹Le Tout Miséricordieux S’est attribué un enfant!› Vous avancez certes là une chose abominable! Peu s’en faut que les cieux ne s’entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s’écroulent” Mariam 90-91

Dieu apprend à ceux qui prétendent qu’il a un enfant que ces paroles ont failli faire s’entrouvrir les cieux et fendre la terre et les montagnes. Avoir un enfant est un attribut humain, il s’agit d’un besoin humain dont les motivations sont humaines ; la continuité, la compagnie, la transmission, etc… Or Dieu est absolu et auto-suffisant, il n’a nul besoin de progéniture. D’ailleurs il dit de lui même :

“الإخلاص3-4) “قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ اللَّهُ الصَّمَدُ مْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ)

“Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus.” (ikhlas 3-4)

Que dire alors de ceux qui lui attribuent des yeux, un nez, une bouche, une barbe et des cheveux blancs, ceux qui lui attribuent des sentiments humains une gestuelle et des réactions caractéristiques à l’homme ? Les cieux ne risqueraient-ils pas de s’entrouvrir à cause de ces images ? allahou a3lam.

Si Dieu affirme dans son livre :  (12لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ” (الشورى” “Il n’y a rien qui Lui ressemble; et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant.” (shura12) et que quelqu’un vienne nous dire, non ce n’est pas vrai, il est ainsi (photo du film), n’est ce pas démentir le Coran ? Pour plusieurs, il s’agit d’une forme de contredire la parole de Dieu.

Réactions :

Mettons de coté cet exemple et concentrons-nous sur les réactions qui ont suivi le passage télé du film de Nessma.

Ceux qui se sont indignés se sont fait traiter de zélés, extrémistes, obscurantistes, etc… qu’ils n’avaient pas le droit de se révolter car Dieu est grand et qu’il est au dessus de tout cela. Il n’a pas besoin d’une bande de manifestants pour le “protéger”.

La question qui se pose est ; les réactions d’indignation sont elles normales ? Devrait-on s’indigner ou laisser couler ?

Le prophète a dit dans un hadith très connu :

من رأى منكم منكرا فليغيره بيده فإن لم يستطع فبلسانه فإن لم يستطع فبقلبه وذلك أضعف الإيمان) خرجه مسلم)

D’après Muslim : (Celui d’entre vous qui voit un mal qu’il le change avec sa main, s’il n’y arrive pas qu’il le fasse avec sa langue, s’il n’y arrive pas qu’il s’indigne avec son coeur, et c’est le minimum qu’il puisse faire en tant que musulman)

L’indignation est donc une réaction très normale pour un musulman qui voit son Dieu personnifié et qui est convaincu que c’est “hram”. Si on ne s’indignerait plus qu’est ce qui nous différencierait en tant que musulmans ? Quel serait le but de notre religion ? Et si les indignés doivent comprendre les motifs des autres pourquoi ça ne marche pas dans les deux sens ?

Comparaison :

Abraham, par exemple, un des plus importants prophètes et khalil allah, s’est indigné en voyant les statues que vénérait son peuple, il a pris un marteau et les a détruites. Aujourd’hui, il aurait-il eu des réactions du genre ” Dieu n’a pas besoin de toi pour être défendu” ?

Imaginez le mec qui aborde Abraham pour lui dire : ” Dieu t’a donné une autorisation pour le défendre ?”

ou ” qu’est ce que ça fait de dresser des statues, en quoi ça te dérange ? Dieu n’a pas besoin de ton aide.”

Si Abraham, qui connait mieux que nous la vraie nature de Dieu, s’est indigné, c’est que c’est aussi notre devoir de nous indigner. Dieu n’a-t-il pas dit dans son livre :

“الممتحنة 5) “قَدْ كَانَتْ لَكُمْ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ فِي إِبْرَاهِيمَ وَالَّذِينَ مَعَهُ)

“Certes, vous avez eu un bel exemple à suivre en Abraham et en ceux qui étaient avec lui” (Mumtahana 5)

Autrement, en tant que musulmans, qui devrions-nous suivre ?

Violence ?

Evidemment que la violence est condamnable, d’ailleurs elle ne sert les intérêts d’aucun des deux camps. Ceux qui s’indignent se discréditent complètement en ayant recours à la violence. D’ailleurs il est écrit dans le Coran : “النحل126) “ادْعُ إِلِى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ وَجَادِلْهُم بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ)

“Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon” (annahl 126)

Et pour en revenir aux prophètes, Moise a été envoyé par Dieu à Pharaon qui est dans le Coran le type même du despote mécréant, orgueilleux et oppresseur, qui a torturé et pris les enfants d’Israel pour esclaves et leur a fait tout ce qui ne se faisait pas (en tunisien). Il ne lui a pas demandé d’aller le zigouiller mais plutôt d’essayer de le convaincre (tout en sachant qu’il ne se repentira pas, normal il est Omniscient) pourvu qu’il obéisse :

“طه45) “فَقُولَا لَهُ قَوْلًا لَّيِّنًا لَّعَلَّهُ يَتَذَكَّرُ أَوْ يَخْشَى)

“Puis, parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou [Me] craindra-t-il” (Taha45)

Si Pharaon le tyran mérite que l’on lui parle gentiment, que dire d’un musulman, en Tunisie.

D’ailleurs Abraham, dans l’exemple précédent, n’a pas tout détruit, il a laissé la plus grande des statues et y a accroché son marteau pour faire réfléchir son peuple. Il a accusé cette statue d’avoir détruit les autres pour leur montrer qu’une statue ne peut être vénérée car incapable de faire quoi que ce soit. Évidemment son peuple l’a jeté dans le feu, mais bon.

Manipulation :

Puisque la violence discrédite celui qui y a recours, tous ceux qui veulent discréditer l’islam et la cause des musulmans peuvent faire croire qu’il y a eu violence ou amplifier les actions d’un violent sur 1000 pour arriver à leurs fins. Cette manipulation consiste à mettre tout le monde dans le même sac et à qualifier tous ceux qui sont sortis manifester vendredi d’extrémistes violents.

Pire, et c’est ce qui la rend intéressante pour certains, elle peut servir les intérêts de certains partis politiques. Ces partis tombent dans des équations simples et primitives du genre : musulman = Nahdha = salafiste = terroriste, et en profitent pour discréditer un certain parti politique.

D’ailleurs je me demande comment ont-ils pu convaincre leurs sympathisants qu’entre empêcher d’insulter dieu et interdire l’art et la création, il n’y a qu’un pas à franchir ?

Donc, pour eux (ou du moins ce qu’ils essayent de faire croire), Annahdha a organisé des manifs dans le but de museler la liberté d’expression, c’est pour cela qu’il faut voter [un tel] qui protègera la Tunisie de l’obscurantisme. Et pourquoi ne pas organiser une contre manif contre ces obscurantistes et par la même occasion se faire un coup de pub facile et gratos à l’intérieur et à l’extérieur de la Tunisie à une période où les pubs sont interdites (en théorie).

Bref, en attaquant ce qu’ils supposent être les idées de ce parti (ou ce qu’ils veulent faire croire que ce sont les idées de ce parti), ils attaquent une grande partie des musulmans (qui ne sont pas forcément pro-nahdha) et se retrouvent -aux yeux de ces derniers- à attaquer l’islam. Ils servent d’une certaine façon les intérêts d’Annahdha et contribuent d’avantage à façonner le paysage politique en musulmans vs anti-islam, sciemment ou sans le savoir, c’est une autre histoire.

Il y a aussi un troisième camp que sont les ex-RCD et à eux le chaos profite dans tous les cas de figure. Ils laissent ces partis “progressistes” s’entretuer avec les islamistes (nahdha ou pas) pour que les tunisiens se disent “c’était mieux avant” et ça marche !

D’où un paysage politique divisé en 3 grandes sensibilités ; un parti islamique, une (future) coalition de partis progressistes, une coalition d’ex-RCD.

Choisissez votre camp ! (PS : j’ai pas trouvé de chute plus attractive et j’en ai marre d’écrire)

Pas besoin d’être un cheikh salafi pour démentir les propos de Mohamed Talbi (partie 1)

A chaque fois que l’on parle de Talbi, il y a toujours quelqu’un qui se presse de nous brandir la carte du doctorat en histoire à la Sorbonne. Je dirais : Et alors ?

Cela ne veut en aucun cas dire qu’il s’agit d’un spécialiste de l’islam. Étudier l’histoire des civilisations et même des civilisations arabo-musulmanes en France est aussi pertinent qu’étudier les droits de l’homme en Chine, ou le communisme aux États Unis. De plus, cela ne fait en aucun cas de la personne un spécialiste de la législation islamique, ni des préceptes de l’islam, ni de la philosophie islamique.  Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une personne qui interprète le Coran à sa guise, selon ce que son esprit lui dicte, alors que la religion de l’islam est une législation bien définie qui repose sur des principes clairs et qui possède des sources exclusives et définies.

Dans son livre « Pour que mon cœur se rassure », l’auteur critique A.M Charfi pour sa mauvaise foi (sans jeux de mots) et ses attaques contre l’islam et ce à travers plus de 50 pages de son ouvrage dans le but de “faire triompher la vérité”, nous suivrons le même cheminement mais à l’encontre de Mohamed Talbi.

I- Le Coran est-il la seule source de l’islam ?

1-Le Coran renvoie vers la Sunna en tant que source obligatoire de l’islam

Mohamed Talbi a déclaré lors de son interview du 5-2-2005 à Nawat.org que seul le Coran oblige et que les hadiths du prophète ne doivent pas être considérés. Nous pensons contrairement à lui que la sunna aussi oblige et qu’il s’agit indubitablement de l’une des sources de l’islam.

Comme ce monsieur se déclare être un musulman coranique libre (source : Hannibal TV), cherchons dans ce livre qui est sa source exclusive la présence (ou pas) d’indications renvoyant vers une éventuelle prise en compte des hadiths du prophète (SAAS) comme source de législation de l’islam. Pour prouver à ce monsieur que les hadiths sont aussi valables que le livre saint, nous allons d’abord examiner les versets suivants :

قال اللَّه تعالى:  {أَنزَلْنَا إِلَيْكَ الذِّكْرَ لِتُبَيِّنَ لِلنَّاسِ مَا نُزِّلَ إِلَيْهِمْ وَلَعَلَّهُمْ يَتَفَكَّرُونَ

« Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce que Nous avons fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. »

Talbi déclare : « Si c’est dans le Coran c’est que c’est indiscutable » (dans son ouvrage « Pour que mon cœur se rassure »). Pourtant le livre saint a clairement stipulé que ce que Dieu a révélé à Mohamad (SAAS) est sujet à explication par ce même prophète. D’ailleurs n’est ce pas le rôle même des prophètes d’expliquer le contenu des livres sacrés ? Il était donc du devoir du prophète de nous expliquer, nous exposer, nous développer ce que Dieu veut de nous. Et c’est ce qu’il a fait. Qu’en est-il de ces explications aujourd’hui ? Elles se trouvent dans les hadiths du prophète. Si nous les ignorons ; soit c’est le prophète qui a failli à sa mission (ce qui est très peu probable et peu envisageable) soit c’est nous qui avons failli en ne les suivant pas (ce qui est plus plausible). De plus, plusieurs autres versets incitent les musulmans à obéir au prophète, ils sont tout aussi valables pour la période de la révélation que pour aujourd’hui, puisque pour ceux qui croient en Dieu et au jour dernier le Coran est un livre universel et intemporel :

قال اللَّه تعالى:  { وما آتاكم الرسول فخذوه، وما نهاكم عنه فانتهوا

« Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu’il vous interdit, absentez-vous en. »

Il est clairement dit dans ce verset qu’il faut prendre ce que le prophète nous a apporté, le prendre en considération dans le sens de l’acceptation et de l’application et en tant que législation religieuse. D’autre part, il faut éviter de faire ce qu’il nous a interdit. Comment savoir ce qu’il nous a apporté et ce qu’il nous a interdit ? Justement, en revenant à ce qu’il a déclaré ou fait donc à ses hadiths et à sa sunna. Surtout que d’après le Coran aussi, chaque affirmation du prophète est une révélation divine « il ne prononce rien sous l’effet de la passion, ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée »

قال تعالى: { وما ينطق عن الهوى، إن هو إلا وحي يوحى

Aussi, il est dit dans ce même livre que :

قال تعالى: { من يطع الرسول فقد أطاع اللَّه 

C’est-à-dire que « celui qui obéit au prophète obéit à Allah ». Il est évident, donc, que l’obéissance due au prophète est en soi un acte religieux et de vénération de Dieu puisqu’elle entraine vers une obéissance au Créateur.

Comme dans tous les domaines, pour expliquer un concept il faut revenir à la source. Si Talbi affirme qu’il ne faut pas prendre en considération la sunna, il doit fournir des preuves, mais quelles que soient ses preuves, peuvent-elles aller à l’encontre du texte divin qu’il prétend suivre exclusivement ? C’est ce même texte qui nous incite -voir nous ordonne- à suivre le prophète (SAAS) et en fait même une condition sine qua non de la soumission (iman/islam) telle que décrite dans le verset suivant :

قال تعالى:  { فلا وربك لا يؤمنون حتى يحكموك فيما شجر بينهم، ثم لا يجدوا في أنفسهم حرجاً مما قضيت، ويسلموا تسليماً

« Par ton Seigneur! Ils ne seront pas [de vrais] croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger entre eux et qu’ils n’auront éprouvé aucun embarras vis-à-vis de ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement. »

Voici que Dieu dans son livre explique que ceux qui ne se soumettent pas aux jugements du prophète ne sont pas de vrais moominines (croyants). Ceci est d’autant plus valable que nous disposons d’une énorme collection de ces jugements car il s’agit ni plus ni moins de l’homme parmi tous les personnages historiques dont la vie a été rapportée et mise par écrit dans les moindres détails. Nous en savons d’avantage sur lui que sur n’importe quel autre personnage de l’histoire de l’humanité. Personne ne peut prétendre que la biographie du prophète n’est pas parvenue jusqu’à nous, ni ses hadiths. Certains de ses contemporains ont même décrit son apparence physique de façon très précise. Nous savons ce qu’il a décidé lorsque les familles de Koreish ont voulu rebâtir la Kaaba avant la révélation, nous savons comment il a effectué sa Hijra avec Abou Bakr, nous savons ce qu’il a fait avec les hommes de Makka lorsqu’il est revenu en vainqueur, etc…

Nous en savons aussi assez pour pouvoir appliquer ses instructions dans la vie de tous les jours. Comment s’est-il comporté avec le buveur d’alcool, avec le fornicateur, avec les munafikines, ses décisions de justice, son comportement avec sa famille et ses voisins, avec ses femmes, ses enfants, ses petits enfants, sa façon de manger, de boire etc… Nous n’avons aucune excuse pour ne pas appliquer ses recommandations et ses ordres et pour ne pas éviter ce qu’il nous a interdit. D’ailleurs dans un autre verset, Dieu nous incite à revenir au Coran et à la sunna du prophète en cas de litige :

قال تعالى:  { فإن تنازعتم في شيء فردوه إلى اللَّه والرسول إن كنتم تؤمنون بالله واليوم الآخر

« Si vous êtes en désaccord en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. »

D’un autre coté la sunna est citée dans plusieurs versets coraniques dont :

قال تعالى:  {كَمَا أَرْسَلْنَا فِيكُمْ رَسُولاً مِّنكُمْ يَتْلُو عَلَيْكُمْ آيَاتِنَا وَيُزَكِّيكُمْ وَيُعَلِّمُكُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ

« Ainsi, Nous avons envoyé parmi vous un messager de chez vous qui vous récite Nos versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Sagesse ».

Le prophète n’a donc pas été envoyé que pour nous enseigner le Coran. Il était de son de voir aussi de nous enseigner d’autres comportements qui aspireraient à nous rendre plus sages. Ces comportement sont indissociables du livre saint, ils sont d’ailleurs cités dans d’autres versets :

قال تعالى:  {وَاذْكُرْنَ مَا يُتْلَى فِي بُيُوتِكُنَّ مِنْ آيَاتِ اللَّهِ وَالْحِكْمَةِ إِنَّ اللَّهَ كَانَ لَطِيفًا خَبِيرًا

« Et gardez en mémoire ce qui, dans vos foyers, est récité des versets d’Allah et de la sagesse. »

قال تعالى:  {هُوَ الَّذِي بَعَثَ فِي الْأُمِّيِّينَ رَسُولًا مِّنْهُمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ

« C’est Lui qui a envoyé aux illettrés un Messager des leurs qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, »

Quelle est donc cette sagesse qui va de pair avec le livre sacré dans plusieurs versets coraniques ? Revenons à la définition du mot « sagesse » : il s’agit de la modération et la prudence dans la conduite de sa vie ou de ses actions. Dans le domaine religieux ; il s’agit de la pratique des vertus religieuses. Il s’agit donc de pratiques. Ces pratiques dictées par Dieux et qui sont enseignées par son prophète sont en effet sa sunna, révélée sous forme de hadiths et d’actions perpétrées par les premiers musulmans jusqu’à nos jours. Elles doivent être suivies et appliquées parallèlement aux enseignements du livre saint selon les versets déjà cités. Et pour répondre aux plus sceptiques, tels que Talbi, l’intégrité de ceux qui ont permis la transmission des hadiths depuis l’aube de la révélation jusqu’à nos jours est assurée par Dieu lui-même, il parle de ces personnes dans le verset suivant (il y en aura d’autres plus loin dans la partie consacrée aux compagnons du prophète) :

قال تعالى:  {وَ السَّابِقُونَ الأَوَّلُونَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ وَالأَنصَارِ وَالَّذِينَ اتَّبَعُوهُم بِإِحْسَانٍ رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ وَرَضُواْ عَنْهُ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي تَحْتَهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا

« Les tout premiers [croyants] parmi les Émigrés et les Auxiliaires (Ansar) et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils l’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. »

PS : Notons que ces personnes que Dieu a déclaré agréer  (رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ) dans son livre saint (9 :100) Talbi déclare dans ses interviews qu’il ne peux pas les agréer (???).

Enfin, notons que même si Talbi prétend être un musulman coranique libre qui ne prend pas en considération la sunna du prophète (SAAS), il n’hésite pas à citer des hadiths du prophète dans ses livres, comme par exemple dans les premières pages de son ouvrage « Pour que mon cœur se rassure » (page 6) où il cite le hadith du prophète selon lequel il est plus légitime pour lui (le prophète) de douter puisqu’Ibrahim, un des prophètes qui lui ont précédés, a lui aussi douté. La contradiction dans les affirmations de l’auteur est flagrante ; d’abord il utilise un hadith pour étayer ses propos (et pour en tirer le titre de son livre) alors qu’il prétend qu’ils ne sont pas valables et qu’il ne faut pas y revenir. Ensuite, ce hadith a été narré par Abou Hourayra que l’auteur qualifie dans ses interviews de simplet et de bête et qu’il ne faut ni écouter ni se référer à ce qu’il a raconté car le pauvre homme joue avec un chat (herr d’où le surnom Hureyra).

Donc Mr Talbi je vous invite à réfléchir et à vous décider une fois pour toutes, devons-nous suivre les hadiths ou pas ? Si la réponse est non, expliquez-nous donc le sens de tous ces versets qui nous incitent à le faire et les raisons pour lesquelles nous devons obéir à Dieu par moments et ignorer ce qu’il nous demande à d’autres moment, selon ce que “notre esprit” nous dicte ?

2-Les preuves de la nécessité d’adopter la Sunna selon le prophète lui-même

L’islam est une religion complète qui englobe tous les aspects de la vie du musulman. En effet, il existe dans le coran des versets qui évoquent la prière et qui sont immédiatement suivis par d’autres qui parlent de charité, de finance ou de statut personnel. Le Coran dessine les grandes lignes et le prophète nous a révélé le coté pratique des choses. Nous savons tous qu’il faut faire l’ablution avant de prier, mais comment et quels sont les abrogations du wudhu, par exemple ? Nous savons tous qu’il faut prier, mais combien de prières par jour et comment ? Nous savons tous qu’il faut donner la zakaat, mais quel en est le taux et quand doit-on le faire ? Nous savons tous qu’il faut faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie (pour ceux qui peuvent se le permettre), mais que faire exactement et que dire et quand ? Pour répondre à toutes ces questions, nous devons revenir à la sunna du prophète. Ce dernier nous y a même incité :

خذوا عني مناسككم

Suivez-moi lorsqu’il s’agit de vos rituels.

Nous devons donc suivre le prophète lorsqu’il s’agit de rituels, mais comment est-il possible pour des personnes nées 1400 ans après Mohamad (SAAS) de suivre ce qu’il a prescrit ? Justement c’est là le rôle de la perpétration de la sunna ; la collection des hadiths qui ont été transmis par les contemporains du prophète jusqu’à nous. Ces hadiths ont été collectionnés du temps de sa vie et après, par des personnes dignes de confiance qui ont passé leur existence à rassembler la tradition prophétique. Ceux-là même à propos desquels le prophète (SAAS) a dit :

َعَلَيْكُمْ بسُنَّتي وَسُنَّةِ الْخُلُفَاءِ الرَّاشِدِينَ الْمَهْدِيِّينَ عضُّوا عَلَيْهَا بالنَّواجِذ

Suivez ma sunna et celle des khalifes bien guidés après moi, mordez-y avec les molaires.

Si Dieu et son prophète (SAAS) ont déclaré qu’il fallait suivre les agissements, les jugements, les décisions et le comportement du prophète et que toute la Umma s’accorde à le faire pour tout ce qui est prière, jeûne, aumône etc… Pourquoi s’arrêter aux rituels ? Avons-nous le droit de faire le tri et de prétendre qu’il est légitime de choisir entre les enseignements que nous devons pratiquer selon la sunna du prophète (SAAS) ? Nous savons tous que la sunna est beaucoup plus générale que le fait de pratiquer les rituels religieux, il est tout aussi logique de se plier aux enseignements du prophète en ce qui concerne les rituels qu’en toute autre chose.

Il est donc clair que la sunna est une source essentielle lorsqu’il s’agit d’islam, d’ailleurs pour clore cette partie, je cite le prophète Mohamad (SAAS) qui a déclaré lors de Hajjat el Wadaâ (le pèlerinage de l’adieu) :

تركت فيكم ما ان تمسكتم به لن تضلوا بعدي ابدا كتاب الله و سنتي

J’ai laissé parmi vous, quelque chose à laquelle si vous tenez fermement, vous ne vous égarerez jamais après moi ; le Livre de Dieu et ma Sunna.

II- Diverses erreurs et déformations historiques chez Talbi

1-la lapidation n’a été appliquée que sous le règne d’Omar Ibn Al Khattab.

Il s’agit là d’une grave erreur historique que de déclarer cela (surtout venant d’un historien). D’abord si l’on se réfère à la sira (qui est forcément la source à laquelle s’est référée Talbi puisque ce n’est pas dans le Coran et puisque toute biographie du prophète et tout livre historique sur le sujet est considéré comme un livre de sira) il est clair que le prophète a rencontré 3 cas d’adultère pendant sa vie, ou du moins ce sont les cas qui sont arrivés jusqu’à nous dans les sahihs. Dans deux des trois cas, la punition de la lapidation a été exécutée. Ce n’est donc pas du temps d’Omar que cela a commencé, voici les trois cas :

1-عن أبي هريرة رضي الله عنه أنه قال: (أتى رجل من المسلمين رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو في المسجد فناداه فقال: يا رسول الله! إني زنيت -أي: بصوت مرتفع- فأعرض عنه رسول الله صلى الله عليه وسلم)] فلما أعرض عنه جاءه من قبل وجهه وقال: (يا رسول الله! إني زنيت) فأشاح بوجهه الناحية الأخرى، فأتاه من قبل وجهه عليه الصلاة والسلام من الناحية الثانية وقال: (يا رسول الله! إني زنيت) فأشاح عنه ناحية اليمين فأتاه من قبل وجهه وقال: (يا رسول الله! إني زنيت) فأشاح عنه جهة الشمال، فأتاه من جهة الشمال فقال: (يا رسول الله! إني زنيت) أي: أربع مرات. قال: [(فأعرض عنه حتى ثنى ذلك عليه أربع مرات، فلما شهد على نفسه أربع شهادات دعاه رسول الله صلى الله عليه وسلم فقال: أبك جنون؟ قال: لا. قال: فهل أحصنت؟ قال: نعم. فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: اذهبوا به فارجموه)

Abou Houraira et Jaber ont rapporté qu’un homme appelé Maëz est venu dire au Messager d’Allah qui était à la Mosquée : “Ô Messager d’Allah ! J’ai forniqué” Le Messager d’Allah s’est détourné et ne lui a pas prêté attention. L’homme est revenu 4 fois et a répété ce qu’il a dit. Le prophète a alors demandé : “Es-tu fou ?” “Non” répondit-il. “Es-tu marié ?” “Oui” répondit-il. Le prophète a ordonné à ses compagnons de le lapider. (Rapporté par Moslem)

2-عن بريدة بن الحصيب الأسلمي رضي الله عنه : قال : فجاءت الغامدية فقالت : يا رسول الله ! إني قد زنيت فطهرني . وإنه ردها . فلما كان الغد قالت : يا رسول الله ! لم تردني ؟ لعلك أن تردني كما رددت ماعزا . فوالله ! إني لحبلى . قال ( إما لا ، فاذهبي حتى تلدي ) فلما ولدت أتته بالصبي في خرقة . قالت : هذا قد ولدته . قال ( اذهبي فأرضعيه حتى تفطميه ) . فلما فطمته أتته بالصبي في يده كسرة خبز . فقالت : هذا ، يا نبي الله ! قد فطمته ، وقد أكل الطعام . فدفع الصبي إلى رجل من المسلمين . ثم أمر بها فحفر لها إلى صدرها . وأمر الناس فرجموها. ثم أمر بها فصلى عليها ودفنت.

Abd’Allah Ben Burydah a rapporté de la part de son père qu’une femme (al-Gamidya) a dit au prophète : “ô Messager d’Allah ! J’ai forniqué, purifie-moi.” Mais le prophète l’a renvoyée. Le lendemain, elle lui a dit “Ô Messager d’Allah ! Pourquoi tu me renvoies ?! Me renvoies-tu comme t’as renvoyé Maëz ! Par Allah, je suis enceinte ” Il lui répondit : “Non, vas-t’en et reviens quand tu auras accouché.” Quand elle a donné naissance à son garçon, elle le lui a apporté dans une étoffe et elle a dit : “Le voilà, je l’ai mis au monde”, “Vas l’allaiter et reviens après sevrage” répondit le prophète. Quand elle l’a sevré, elle lui a apporté le gamin portant un morceau de pain à la main et a dit : “Le voilà, ô Messager d’Allah ! Je l’ai sevré et il s’est bien nourri.” Le prophète (SAAS) a confié le gamin à un homme de la famille de la femme et a ordonné de creuser un trou de profondeur suffisante pour couvrir son corps jusqu’à la poitrine, puis il a ordonné de la lapider. (Rapporté par Moslem)

3-عن ابن عباس‏:‏ ‏(‏أنه ذكر التلاعن عند رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم فقال عاصم بن عدي في ذلك قولًا ثم انصرف فأتاه رجل من قومه يشكو إليه أنه وجد مع أهله رجلًا فقال عاصم‏:‏ ما ابتليت بهذا إلا لقولي فيه فذهب به إلى رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم فأخبره بالذي وجد عليه امرأته وكان ذلك الرجل مصفرًا قليل اللحم سبط الشعر وكان الذي ادعى عليه أنه وجد عند أهله خدلًا آدم كثير اللحم فقال رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم‏:‏ اللّهم بين فوضعت شبيهًا بالذي ذكر زوجها أنه وجده عندها فلاعن رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم بينهما فقال رجل لابن عباس في المجلس‏:‏ أهي التي قال رسول اللّه صلى اللّه عليه وآله وسلم لو رجمت أحدًا بغير بينة رجمت هذه فقال ابن عباس‏:‏ لا تلك امرأة كانت تظهر في الإسلام السوء‏)‏‏.‏

Un jour Ibn Abbass a évoqué chez le prophète l’appel mutuel du malheur (entre les mariés qui s’accusent d’adultère). Assem Ben Adiy a dit une chose à ce sujet puis il est parti. Un homme du peuple d’Assem est venu ensuite se plaindre du fait qu’il a trouvé avec sa femme un homme. Assem l’a emmené alors chez le prophète pour lui raconter l’histoire. Cet homme était pâle et mince et l’homme qu’il a vu avec sa femme était bien bâti. Le prophète a dit alors : “Ô Allah ! Eclaire-nous (la situation)” La femme est tombée enceinte et a donné naissance à un enfant qui ressemble à l’homme décrit par son mari. Le prophète a alors laissé les deux mariés appeler le malheur l’un sur l’autre. Un homme a dit à Ibn Abbass: est-ce que cette femme est celle mentionnée par le prophète quand il a dit : “Si je dois lapider quelqu’un sans preuve, je lapiderai celle-ci ?” Ibn Abbass répondit : “Non, c’était une femme qui montrait la perversion au temps d’Islam” (rapporté par les imams Bukhari et Muslim).

2-Omar Ibn Al Khattab a pris le pouvoir par la force après la mort du prophète (SAAS)

Il suffit de revenir aux différentes biographies du prophète pour se rendre compte que ce n’est pas vrai. Cette histoire est absente de la sira d’Ibn Hichem, celle d’Ibn Is’haq,  de Rahiq Al Makhtoum, de la sira de Tabari, celle de Mohammad Ibn Abdelwahab , etc… D’ailleurs c’est très simple, cette version de la prise du pouvoir par la force n’est présente que dans les livres des Shiaa (Chiites).  Voici un lien pour consulter plus d’une centaine de biographies du prophète et dans aucune d’elles il n’est mentionné cette histoire de Talbi (http://www.egyptsons.com/misr/archive/index.php/t-149121.html). Voici une grave erreur puisqu’il s’agit d’un homme diplômé en histoire. Comment ne pourrait-on pas penser qu’il puisse être de mauvaise foi ?

3-l’alcool n’est pas interdit en Islam, Omar Ibn Al Khattab l’a interdit

Même si l’on suppose que la sunna n’est pas une source fiable comme le dit Talbi, ce qui n’est en aucun cas vrai. Il suffit de lire le Coran pour faire voler en éclats cette théorie farfelue. D’abord le Coran dit :

قال تعالى:  {يُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَآئِثَ

« Leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises »

Dans ce contexte, aucune étude scientifique dans le monde ne classe l’alcool parmi les bonnes choses. Au contraire, toutes les législations s’accordent à limiter sa consommation pour éviter ses effets néfastes que ce soit sur l’organisme ou sur la pratique de son activité quotidienne.

قال تعالى:  {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنصَابُ وَالأَزْلاَمُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

« Ô croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées (idoles), les flèches de divination ne sont qu’une abomination, oeuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez. »

D’autre part, le coran a expressément interdit sa consommation. D’abord en l’associant aux paris d’argent, aux flèches de divination et aux idoles et ces deux dernières sont totalement interdites en islam car il s’agit de Shirk (associer des divinations à Dieu) et il est connu que l’association est le seul péché que Dieu ne pardonne jamais et qui implique la damnation éternelle dans l’au-delà.

Lorsque Dieu dit « ijtanibouh » il ne veut pas dire « évitez-le » en français comme de nombreuses personnes aiment penser. Car le verbe « ijtineb » veut dire s’en écarter complètement et ne pas s’en approcher sous aucun prétexte. D’ailleurs, la preuve, et selon le prophète, il ne faut ni le porter, ni s’asseoir avec celui qui le boit, ni le vendre, ni l’acheter etc… c’est là le vrai sens du mot « ijtineb » ce qui le rend différent d’un autre produit interdit (haram) comme le porc dont seule la consommation est interdite.

Et pour étayer ce raisonnement, comparons avec un autre verset qui utilise le mot « ijtineb » pour trouver le vrai sens de ce mot et le degré d’interdiction et ce dans le but de ne pas perdre du temps à tergiverser entre les différentes définitions données par des êtres humains et des esprits imparfaits dont l’interprétation peut varier selon l’emplacement géographique, la culture, le degré de religiosité et l’humeur. Dieu dit dans son livre :

قال تعالى:  {وَلَقَدْ بَعَثْنَا فِي كُلِّ أُمَّةٍ رَّسُولاً أَنِ اعْبُدُواْ اللّهَ وَاجْتَنِبُواْ الطَّاغُوتَ

« Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, [pour leur dire]: ‹Adorez Allah et écartez-vous du Taghut› »

Le Taghut est le Diable et tous ses associés et adorateurs, selon les Ulama et d’après le Coran lui même :

قال تعالى:  {الَّذِينَ آمَنُواْ يُقَاتِلُونَ فِي سَبِيلِ اللّهِ وَالَّذِينَ كَفَرُواْ يُقَاتِلُونَ فِي سَبِيلِ الطَّاغُوتِ فَقَاتِلُواْ أَوْلِيَاء الشَّيْطَانِ إِنَّ كَيْدَ الشَّيْطَانِ كَانَ ضَعِيفًا

« Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tagut. Eh bien, combattez les alliés de Diable, car la ruse du Diable est certes, faible. »

Dans ce verset Dieu ne veut en aucun cas dire “évitez le diable” mais plutôt “écartez-vous en complètement et ne vous en approchez sous aucun prétexte”. N’est-il pas le pire ennemi de l’homme et n’a-t-il pas juré par la Dignité de Dieu qu’il nous corromprait tous ?

Il est donc clair pour un esprit de bonne foi qui fait prévaloir l’argument au dessus de son désir personnel que l’alcool a été interdit dans le Coran, il s’agit en plus d’une interdiction explicite et sans équivoque. Comment ne l’interdirait-il pas alors que nous connaissons tous –sauf Talbi apparemment- les ravages que provoque cette boisson. Il est inutile dans ce contexte de revenir aux statistiques car nous cherchons à prouver notre cause du point de vue religieux d’abord.

Sans parler du hadith relatif à la question du fouettement du buveur d’alcool :

عن عمر : أَنَّ رَجُلاً عَلَى عَهْدِ النَّبِىِّ – صلى الله عليه وسلم – كَانَ اسْمُهُ عَبْدَ اللَّهِ ، وَكَانَ يُلَقَّبُ حِمَاراً ، وَكَانَ يُضْحِكُ رَسُولَ اللَّهِ – صلى الله عليه وسلم – ، وَكَانَ النَّبِىُّ – صلى الله عليه وسلم – قَدْ جَلَدَهُ فِى الشَّرَابِ ، فَأُتِىَ بِهِ يَوْماً فَأَمَرَ بِهِ فَجُلِدَ ، فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْقَوْمِ اللَّهُمَّ الْعَنْهُ مَا أَكْثَرَ مَا يُؤْتَى بِهِ . فَقَالَ النَّبِىُّ – صلى الله عليه وسلم – لاَ تَلْعَنُوهُ ، فَوَاللَّهِ مَا عَلِمْتُ أنه يحب الله وَرَسُولَهُ ،
أخرجه البخارى (6/2489 ، رقم 6398)

il y avait un homme appelé ‘ Abd-Allah dont le surnom était Himar (l’âne), qui avait l’habitude de faire rire le Messager d’Allah .  Le Prophète l’a fait fouetter pour avoir bu , il lui a été apporté un jour et le Prophète a donné l’ordre que l’on devrait le fouetter. Un des hommes présent a dit, “O Allah, maudit-le! Combien de fois a il été apporté [pour être puni à cause de boire]!” Le Prophète a dit, “ne le maudissez pas, car par Allah, je sais qu’il aime Allah et Son Messager.” (Rapporté par Al-Bukhari).

4-il dit : « je n’ai aucun respect pour le salaf »

Talbi dit des compagnons des prophètes “je ne dis pas que dieu les agrée”, “je n’ai aucun respect pour eux” (conference à l’hôtel Mouradi Gammarth samedi 28 Mai 2011). Si l’on compare ces propos avec ce qu’il dit dans son livre « Si c’est dans le Coran c’est que c’est indiscutable » alors nous remarquons à nouveau une contradiction flagrante. En effet, Dieu dit dans le Coran :

قال تعالى:  {وَالسَّابِقُونَ الأَوَّلُونَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ وَالأَنصَارِ وَالَّذِينَ اتَّبَعُوهُم بِإِحْسَانٍ رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ وَرَضُواْ عَنْهُ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي تَحْتَهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ذَلِكَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ

“Les premiers [croyants] parmi les Emigrés et les Auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils l’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l’énorme succès !”

Si Dieu lui-même agrée ces premiers croyants (Abou Bakr fût le premier homme à croire à la révélation du prophète) comment peut Talbi dire que je ne les respecte pas ? C’est l’illogique même. Omar et Ali aussi furent parmi ces premiers croyants et ont émigré vers Médine pour rejoindre le prophète. Pourtant, Talbi n’hésite pas à les descendre à chaque fois qu’il en a l’occasion lors de ses interventions.

Toujours dans le Coran :

قال تعالى:  {إِلاَّ تَنصُرُوهُ فَقَدْ نَصَرَهُ اللّهُ إِذْ أَخْرَجَهُ الَّذِينَ كَفَرُواْ ثَانِيَ اثْنَيْنِ إِذْ هُمَا فِي الْغَارِ إِذْ يَقُولُ لِصَاحِبِهِ لاَ تَحْزَنْ إِنَّ اللّهَ مَعَنَا

“Si vous ne lui portez pas secours… Allah l’a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l’avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon: ‹Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous.›”

Abou Bakr, à nouveau, a été honoré par Dieu dans ce deuxième verset. Il en dit qu’il est le deuxième parmi deux, dont Dieu est le troisième. N’est ce pas assez d’honneur qui mérite que l’on porte à cet homme l’estime et le rang qui lui reviennent ? Si ce ne sont pas Abou Bakr, Omar, Ali et les autres qui sont évoqués dans ces versets, qui donc peuvent être ces premiers musulmans que Dieu a estimé ? :

قال تعالى:  {مُّحَمَّدٌ رَّسُولُ اللَّهِ وَالَّذِينَ مَعَهُ أَشِدَّاءُ عَلَى الْكُفَّارِ رُحَمَاءُ بَيْنَهُمْ تَرَاهُمْ رُكَّعًا سُجَّدًا يَبْتَغُونَ فَضْلًا مِّنَ اللَّهِ وَرِضْوَانًا سِيمَاهُمْ فِي وُجُوهِهِم مِّنْ أَثَرِ السُّجُودِ

“Muhammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation.”

Ces premiers musulmans qui ont donné leurs vies, leur argent et tout ce qu’ils possédaient pour la cause de l’islam et que dieu a agréé et honoré en les citant dans son livre saint que nous lisons encore aujourd’hui méritent ils d’être rabaissés par un pseudo philosophe ?

Sans parler de ce que le prophète a dit de ses compagnons :

خَيْرُ النَّاسِ قَرْنِي ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ

La meilleure des générations est la mienne, puis la suivante, puis la suivante, puis la suivante

Mais aussi :

الله ، الله في أصحابي لا تتخذوهم غرضا بعدي ، فمن أحبهم فبحبي أحبهم ، ومن أبغضهم فببغضي أبغضهم ، ومن آذاهم فقد أذاني ، ومن أذاني فقد أذى الله ، ومن آذى الله فيوشك أن يأخذه

N’insultez pas mes compagnons après moi, celui qui les aime m’a aimé, et celui qui les déteste m’a détesté, celui qui les froisse m’a froissé et celui qui me froisse a froissé Dieu. Et celui qui froisse Dieu est tout près d’être emporté.

Si les propos de Talbi seraient vrais, le prophète aurait-il mal choisi ses amis ? Dieu aurait-il permis que son prophète soit entouré des pires crapules comme l’insinue Talbi ? Non, ceci n’est même pas envisageable.

*tous les hadiths utilisés dans cet article sont puisés dans les sahihs.